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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Pej-Pez
 

PELISSIER

Louis

Pseudonymes:  CARTON, MARTIN

 

 

Né le 21 décembre 1901  à  Toulouse (Haute-Garonne) de père inconnu  et de Marie, Valérie Pélissier Epouse:  Alice, Angèle, Désirée Duranton Profession: officier d'active Décédé le 8 (?) juin 1944  à  Saint Céré (Lot)

 Réseau:  S.S.M.F./T.R. , groupe MorhangeAgent P2

 

Un de ses compagnons de Résistance, le Lieutenant colonel Guisset, écrit dans une courte biographie:

"Louis Pélissier est un enfant de Toulouse où il naquit au début de ce siècle. Jeune appelé de la classe 1921, il devient sous-lieutenant de réserve. Trouvant dans le métier militaire sa véritable vocation, il contracte un réengagement comme sous-officier; admis dans un excellent rang à l'École militaire d'infanterie de Saint Maixent, il en sort à 24 ans avec le grade de sous-lieutenant d'active. Affecté au 95e régiment d'infanterie à Bourges, son chef de corps voit déjà en lui un officier d'avenir. Il servira ensuite en Algérie, puis au 149e régiment d'infanterie de Forteresse, corps auquel il appartient lorsque la guerre de 1939 éclate.

Ses différents chefs l'ont apprécié et on relève dans ses notes les termes suivants pris au hasard: "Officier d'élite", "Excellent commandant de compagnie", "Remarquable instructeur", "Beau soldat très calme, très maître de soi, plein d'allant et d'initiative", "Officier très complet, militaire dans l'âme", "Chef au tempérament ardent, appelé à être en campagne un chef de tout premier ordre".

Au début de la guerre, le capitaine Pélissier commande dans le secteur de Longuyon, une compagnie d'ouvrage. Bientôt le commandement du bataillon lui est remis et, lorsque le 10 mai 1940 la vague allemande vient battre la ligne Longuyon-Longwy, il repousse de violentes attaques et par son exemple maintient toutes ses unités à leur poste de combat."

Dans la citation accompagnant sa Croix de Guerre, les faits sont précisés: "Une attaque ennemie ayant échoué le 15 mai 1940 à proximité de nos réseaux barbelés, a spontanément traversé ceux-ci pour capturer des fantassins ennemis blessés qui auraient pu regagner leurs lignes. A été grièvement blessé lui-même, montrant ainsi à ses soldats un magnifique courage et un mépris absolu du danger." (Louis Pélissier a été atteint d'une balle dans le dos.)

"A l'issue de sa convalescence, poursuit le lieutenant colonel Guisset, il est affecté au 23e régiment d'infanterie qui, après avoir été le régiment de Coblence, d'Haguenau et du Bas-Rhin, vient d'être reconstitué à Toulouse. En novembre 1942, la zone libre est envahie par les Allemands et l'armée de l'armistice est dissoute. Placé en congé d'armistice,officiellement reconverti dans les assurances, Pélissier entre dans la Résistance et devient un des principaux chefs de l'Armée Secrète ou A.S.

Sous les pseudonymes de Carton, de Martin, qui sont les plus connus, il organise les formations militaires de l'A.S. et travaille en relation étroite avec François Verdier, alias Forain. Il crée des unités, assure leur encadrement, veille à leur entraînement, à leur ravitaillement, etc. Il s'occupe de constituer des dépôts d'armes et de munitions. Ainsi, le garage Pêcheur (un réfugié alsacien), avenue Lespinet, à Toulouse, sert-il de cache à des véhicules et matériels camouflés.

Parallèlement à cette action, il exécute d'audacieux coups de mains contre les installations de l'ennemi et de ses complices (il est spécialiste du détournement de munitions). Enfin il est le "Père" du fameux réseau Morhange, à la tête duquel se trouve son ami, le valeureux Taillandier. Un ouvrage entier ne  suffirait pas pour relater les exploits de ce groupement, spécialisé dans le châtiment des traîtres, la lutte contre les agents de la Gestapo, la Milice et tous ceux qui collaborent avec eux. Un exemple entre mille montrera la nature des opérations montées et exécutées par l'équipe Pélissier-Morhange. Ayant appris que la Gestapo voulait transférer ses archives de Toulouse à Marseille, Pélissier décide de s'en emparer. Son plan est de déguiser quelques-uns de ses hommes en gendarmes et de les placer sur le trajet que doivent emprunter les véhicules allemands. La difficulté est de se procurer des uniformes de gendarmes et de pouvoir opérer sans être inquiété. Je connais le lieutenant-Colonel Cabanie qui commande la Légion de gendarmerie de Toulouse. Je lui présente Pélissier et les deux officiers tombent d'accord sur tous les points. Un peloton de faux gendarmes sous les ordres de Fontès, alias Blanc, intercepte les véhicules, neutralise le personnel et ramène les précieuses archives en lieu sûr. De l'aveu même des Allemands (on ne l'a su que plus tard, bien sûr), la perte d'un bataillon leur eut été moins sensible que celle de ces archives."

Louis Pelissier est recruté le 20 avril 1944 par le D.M.R. (Région 4).

"Le temps passe, c'est le 6 juin 1944, poursuit le lieutenant colonel Guisset. L'ordre est donné aux F.F.I. de passer à l'insurrection.  Les autorités allemandes ont interdit, sous peine de mort, toute circulation automobile. Qu'importe à Pélissier! Il a une mission à effectuer, cette mission il l'effectuera! Le 8 juin au matin, il quitte Vabres à destination du terrain de parachutage de Chesniers (Lot), pour y faire un chargement d'armes. Accompagné d'un de ses adjoints, le lieutenant Chénier, il pilote lui-même sa voiture. Un camion dans lequel six hommes ont pris place suit son véhicule. Cinq crevaisons et des ennuis mécaniques retardent sa marche. A 14 heures il se trouve chez un garagiste de Saint-Céré (Lot). Un des hommes du camion est venu aider à la réparation et Pélissier le fait monter dans sa voiture pour repartir. Entre Frayssinhes et Sousceyrac, les deux véhicules tombent sur une colonne allemande. Les hommes du camion réussissent à sauter et à gagner les futaies environnantes; quant à la voiture, elle était déjà engagée et nul ne saura jamais ce qui s'est passé.

Toujours est-il que vers 15 heures les habitants de Saint-Céré voient arriver la colonne allemande avec trois prisonniers. Il s'agit de Pélissier et de ses deux compagnons qui, quelques instants plus tard, seront fusillés devant l'hôpital de la petite ville."

Dans un rapport sur la mort du capitaine Pélissier, trois de ses compagnons de Résistance, Marcel Kircher, Pierre Dubois et Paul Vernhettes, rapportent que "ordre fut donné aux habitants de laisser les cadavres sur place. Vingt-quatre heures après, les corps exposés au soleil étaient déjà noircis et recouverts de mouches. Le maire, sollicité de demander à la Kommandantur l'autorisation de les inhumer, s'y refusa craignant des représailles. Une infirmière de la Croix-Rouge, Mlle Lebrun, prit sur elle de faire les démarches nécessaires et obtint satisfaction. Un délai de trois heures était accordé pour l'inhumation des cadavres...A la morgue les Allemands vinrent constater qu'ils étaient bien morts (en était-il besoin?).Chaque corps fut mis dans un cercueil numéroté et correspondant au signalement enregistré par le secrétaire de mairie. Pour le numéro 6, celui de Louis Pélissier, on lit: A été trouvé au bas de la route de Saint-Laurent. Paraissant âgé de trente-cinq à quarante ans, taille 1, 75 m. à 1,8O m., cheveux châtains, costume complet gris à petits carreaux, chemise violet clair à petites rayures blanches, chaussettes blanches, cravate marron. Fusillé de balles dans la tête...

Les cadavres avaient été entièrement dépouillés de leurs pièces d'identité, objets de valeur et de leurs chaussures."

Le corps de Louis Pélissier, d'abord inhumé à Saint Céré, a été ramené à Toulouse et, "le 3O septembre 1944, sa ville natale lui faisait des obsèques grandioses", dit le lieutenant-Colonel Guisset.

Déclaré "Mort pour la France", Louis Pélissier sera nommé au grade de lieutenant-Colonel. Il recevra le titre de Compagnon de la Libération, sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieu de mémoire:  une rue de Toulouse porte le nom de Louis Pélissier

 

Références:  Dossier du SHAT; Archives d'Alger (dossier 3046 R4 21); "Le Service de renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, P.147 et 220-226 (Ed. Plon 1978); L'ORA" du colonel A. de Dainville (Ed. Lavauzelle, 1974); "Le 2e Bureau sous l'Occupation" de Philip John Stead (Ed. Fayard, 1966); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.29, n°128, p.27.


PELLETIER

François, Camille, Georges, Paul

Pseudonymes: RUBEN, PERRON  François

 

 

Né le 24 décembre 1920, à Courroy Milly sur Thérain (Oise) de André, Henri Pelletier  et de  Paulette Grandvarlet Célibataire Profession:  ingénieur agronome Décédé le 12 août 1944  au camp de Signes 

Réseaux:  A.S.,  Action R2 (SAP Archiduc), B.C.R.A. annexe d'Alger, C.F.L. du Var

 

François Pelletier a à peine 23 ans quand il est affecté au B.C.R.A. d'Alger le 1er novembre 1943 en qualité d'agent "Action". 

Il est l'aîné de deux garçons, Michel, 21 ans, et Antoine, 19 ans, étudiants à Paris et d'une soeur, Marie-Claire, 2O ans, restée à Courroy dans leur famille. Celle-ci est composée de propriétaires terriens, de gros exploitants agricoles et d'industriels et s'étend dans l'Oise,  l'Eure,  la Beauce, la Basse-Normandie, le Pays de Bray et la Somme.

Jusqu'à 14 ans, François Pelletier a été au collège libre de Beauvais, puis il a poursuivi ses études en Belgique, au collège de Passy (transféré près de Tournai, dans le Hainault). Il a passé son premier bac à Lille en 1937 et le bac Philo au lycée de Beauvais. Scout et l'un des responsables des Jeunesses Étudiantes Chrétiennes, il savait nager, conduire un bateau à voile et avait un brevet de parachutiste.

Devenu ingénieur agronome (école de Grigon), pour compléter ses connaissances, il arriva en janvier 1942 à Alger et fit un stage d'élevage sur les Hauts plateaux Sud et à la Société ALFA. Puis il accepta la gérance d'une propriété de 400 Ha dans la région de Sétif.

Mobilisé en novembre 1942, dans l'aviation, il devient instructeur parachutiste à Staoueli (Alger) en juin 1943, puis entre au S.R. au début du mois de septembre.

Volontaire pour accomplir une mission en France, il suit des stages d'instruction et d'entraînement de parachutisme au Club des Pins à Staoueli.

Les notes du caporal chef Pelletier au cours de ces stages sont les suivantes:

"Paramilitaire - 20 septembre 1943:

Très bonne instruction. Bon cerveau. Assez travailleur et réfléchi. Fait du travail soigné et peut tout apprendre. Capable de s'expliquer clairement et brièvement. Ne fume pas. Ne boit pas. Il semble ne pas avoir de vices. Passe ses moments de loisir à travailler son anglais et à lire le Nouveau Testament.

2 octobre 1943:

Intelligent. Saisit vite une  situation et comprend les nouvelles méthodes sans difficultés. Énergique et travailleur. A de l'obstination, ce qui le servira dans les moments difficiles. Désire partir.

9 octobre 1943:

Peut-être le plus intelligent. J'ai l'impression qu'il est très désireux de connaître son travail sur le terrain et particulièrement la partie de la France où il travaillera.

Fin de cours, 23 octobre 1943:

Étudiant vigoureux. Bien doué mentalement et physiquement. Beau parleur, sûr de lui avec des qualités évidentes et certaines de chef éducateur.

Habile, mais sans beaucoup d'expérience de la vie et du travail qui peuvent l'attendre. Rapide dans l'action sans assez de précautions.

Démolition: Comprend le travail et pourra faire une opération simple de démolition.

Lecture de la carte: Connaissait la carte et peut s'en servir.

Armement: Comprend les armes. Bon tireur.

Terrain: Comprend bien le terrain.

Corps à corps: Apte, mais un peu maladroit. A beaucoup de prise.

Notes des instructeurs: N'est pas le chef idéal, mais a de la personnalité. Enclin à admettre les choses trop facilement."

Cette conclusion ne laisse pas préjuger de ce dont se révèlera réellement capable le lieutenant Pelletier!

Son départ pour la France n'est pas très facile. Il note: "Parti avec Paul le 8 janvier 1944 sur la Corse. Deux essais de débarquement par vedette. Rentré à Alger le 3 février 1944". (Paul est son radio: Jean Paoli, alias Paul Camous.)

Il est finalement parachuté la nuit du 7 au 8 mars 1944, dans la "Région R2" (à la Motte d'Aigues,Vaucluse), comme chef des opérations marines pour le littoral méditerranéen (Mission S.F.U.4).

Il est muni d'une carte d'identité au nom de François Perron, où il est dit qu'il mesure 1,80m et qu'il a pour signe particulier  une amputation de  l'index de la main gauche. On lui a également construit toute une histoire: il a un père agriculteur et il est aide-vétérinaire.

Il reçoit l'ordre de mission suivant:

 

"Fonction: chef Équipe Réception Mer

Région: entre Toulon et Menton

Nom vrai: Pelletier

Nom d'emprunt: Perron François

Nom de travail: Ruben

Nom télégraphique: RUB

A -  Réception

a) Vous serez parachuté dans le département du Vaucluse avec votre radio Paul et son poste à partir du 5 février 1944.

b) Vous serez reçu par un Comité de Réception fonctionnant sous les ordres de Georges qui est prévenu de votre arrivée.

Dans le cas exceptionnel où vous ne pourriez dès votre arrivée prendre contact avec le Comité de Réception et afin de pouvoir rejoindre Georges vous vous rendrez à l'adresse suivante après avoir caché vos documents compromettants en lieu sûr.

Boîte aux lettres: Monsieur Cousin , 11 Cour de la République à Pertuis (Vaucluse)

Mot de passe:

Demande: "Où est notre poupée?"

Réponse: "Tout près d'ici"

Si vous trouvez Paul à l'arrivée sur le terrain, vous irez seul à cette boîte aux lettres. Il vous rejoindra suivant vos instructions.

François:   - Assurera votre hébergement

           - Vous informera de la situation locale

- Vérifiera la validité de vos papiers et vous précisera  les conditions    d'utilisation de vos  cartes d'alimentation.

B - Mise en place

D'après les indications de Georges, vous vous rendrez seul à une maison sûre située au Canet ((l'adresse vous a été donnée par le Club)

De là,  vous organiserez votre installation et celle de votre radio dans le secteur qui vous est dévolu. Vous ferez venir Paul. Son déplacement, la sécurité et le transport de son matériel seront organisés par vous sous votre responsabilité.

Vous nous rendrez compte par radio que vous êtes en place et en mesure de travailler.

C - Missions

Elles comporteront:

1) La réception de personnel et de matériel transportés par mer dans votre secteur.
Vous serez auprès de votre chef le spécialiste chargé de ce genre de travail pour lequel vous avez reçu un entraînement spécial.

En plus de la réception proprement dite, vous devez assurer:

a) Pour le matériel: son transport et son stockage en lieu sûr.

b) Pour le personnel: son hébergement à l'arrivée et son acheminement vers sa première destination. A noter que nous ne comptons pas faire, par votre intermédiaire, d'importantes livraisons de matériel.

2) L'embarquement de personnes devant quitter la France par voie maritime dans votre secteur.

Cette mission comportera pour vous l'obligation de guider, protéger et héberger les personnes en cause depuis le moment où elles auront rejoint jusqu'à leur départ.

Nous les mettront en contact avec vous en leur faisant connaître les maisons sûres que vous nous signalerez dans ce but.

3)  a) L'expédition (remise à bord) du courrier en provenance d'autres groupes qui sera reçu par vous par les boîtes aux lettres spéciales que vous nous ferez connaître.

b) La réception et l'expédition du courrier que nous vous adresserons.
Vous devez prendre toutes dispositions utiles pour la destruction de ces courriers en cas de nécessité.

c)  Vous nous indiquerez de plus à titre de secours éventuel une boîte aux lettres personnelle qui nous permettra en cas de nécessité de vous toucher directement et sûrement.

d) Un terrain de parachutage pour le personnel et le matériel.

Vos points d'atterrissage et vos terrains porteront des noms de ville d'Extrême-Orient.

D - Moyens de livraison

Seront au nombre de 4. 2 normaux, 2 de secours.

1er moyen normal

A utiliser pour de longs rapports ) par écrit et par voie marine.

 et toutes choses non urgentes: ) Cette livraison aura lieu

) mensuellement en principe.

 

2e moyen normal

Pour messages, opérations ) par radio en messages courts,

renseignements urgents: ) clairs, précis.

 

1er moyen de secours Messages remis à votre chef qui  nous les fera transmettre par ses propres moyens.

2e moyen de secours Par lettre adressée en pays neutre à l'adresse qui vous a été indiquée au Club.

E - Fonds

Vous emporterez avec vous:

1) 200 000 francs destinés à François et que vous lui remettrez,

2) 200 000 francs pour vous. Sur cette somme vous prélèverez 20 000 francs et vous les cacherez dans la région où vous travaillerez afin d'assurer votre retour en cas de danger.

Vous rendrez compte de vos dépenses à votre chef qui vous fournira ensuite les moyens nécessaires à l'accomplissement de vos missions.

F - Recommandations

Les règles de sécurité seront en tous temps régulièrement et strictement respectées.

- Les boîtes aux lettres et maisons sûres seront périodiquement renouvelées.

 Celles qui auront été utilisées pour une opération seront obligatoirement changées pour l'opération suivante.

- Ces boîtes aux lettres et maisons sûres seront bien entendu rigoureusement réservées aux opérations. Elles ne seront jamais utilisées pour la vie courante de votre organisation.

Dans tous les cas, le transport et la sécurité du personnel priment le matériel. Si pour une opération vous estimez que l'envoi de matériel constitue un risque pour le personnel vous nous le ferez savoir.

G - Messages conventionnels: B.B.C. 18h30-20h15 G.M.T.

a) Mettez-vous en sécurité provisoire: "Allons voir le matin se lever sur les monts".

b) Danger, abandonnez mission, rentrez: "Rien n'est jamais perdu quand tout serait désespéré".

 

François Pelletier, arrivé en France, organise donc, dans le secteur Saint Tropez-Draguignan les liaisons avec l'Afrique du Nord, par radio (avec l'aide des F.F.I. locaux et par sous-marin). Il est capitaine, agent P2 à partir du 7 mars 1944.

Le capitaine Aubert (service de liquidation B.C.R.A.-A) écrit: "Le réseau Ruben était une mission montée par le B.C.R.A. d'Alger et organisée par le lieutenant François Pelletier, alias Ruben, parachuté depuis Alger, chef des opérations marines pour le littoral méditerranéen.

Ces opérations maritimes ont duré du mois de mars 1944 au mois de juillet 1944, dans la région de Ramatuelle Saint Tropez. Elles consistaient à la réception d'agents envoyés de Corse par vedettes rapides et au réembarquement de ceux ayant fini leurs missions en France.

En outre la mission s'occupa du parachutage d'armes au lieu dit "Les Rebessières" (Rabassières, d'après l'ONAC) à la Môle (Var) au profit du maquis de La Garde-Freinet (Var).
En même temps elle recherchait les renseignements sur les mouvements allemands et le repérage de terrains pour les opérations marines.

Le schéma de cette mission: Ruben

     !

               Jean Patacchini

      !

      Maurice Marillier       /\

   Edouard Boucaut          Jean Astier"

La mission bénéficie de l'aide de l'ORA et de la Brigade des Maures. La plaquette publiée par l'ONAC "Mémoires varoises" dit que, "à la demande de Joseph Girard, résistant et maire de Saint Tropez, François Pelletier et Jean Paoli viennent s'installer à Cogolin chez Madame Pattachini. (...)

François Pelletier réussit, près du cap Lardier, trois opérations de débarquement et embarquement d'hommes et de courrier. Pour ces opérations, il est aidé de Despas, Rainaud, Caramagnol, Vatinet, Macario, Marko et tant d'autres...

Le 27 mars, une opération appelée Caniston permet le débarquement des agents français Soupiron et Chaumien, chargés de la mission météo appelée Armand-Jean dans le Lubéron.

Une deuxième opération, fin avril, baptisée Georges 1er, embarque vers l'Algérie le commandant Camille Rayon alias Archiduc, responsable régional de la section Atterrissages-Parachutages de Provence, et débarque Henri Rosencher alias Henri, membre de la Mission interalliée.

Parallèlement, d'autres liaisons sont organisées dans ce même secteur par le réseau Azur. C'est de là que partent pour Alger, fin mai, le lieutenant Raymond et le commandant Clément, chefs de la Résistance du Vercors. (...)

Ces liaisons sont interrompues en juin, suite à une série d'échecs.

Au mois de juillet, face à l'imminence du débarquement en Provence, et convaincu du rôle important que va jouer la Brigade des Maures, François Pelletier obtient d'Alger, après de longues discussions, des armes. Le parachutage a lieu dans la nuit du 13 au 14, au lieu dit Capelude, à proximité de la ferme des Rabassières près de Cogolin. Comme convenu, la moitié des armes est donnée à Alix Macario (soit 6 containers et 1 dépôt de vivres). Il destine le reste au maquis d'instruction de la Mourre placé sous son commandement, avec la ferme intension d'instruire les recrues au maniement des armes et au combat et de les renvoyer chez elles armées.

Dès le 29 juin 1944, de Possel alias Noël, formé avec François Pelletier par les Services spéciaux, le retrouve à Saint Tropez. Il lui propose d'assurer sa sécurité lors de son prochain rendez-vous avec les vedettes clandestines. Ce dernier refuse car il a déjà constitué une équipe de protection avec des résistants de Cogolin et le système fonctionne bien."

A son cousin Bernard, François Pelletier écrit fin avril 1944: "Je suis entièrement pris par mon travail qui se révèle aussi passionnant que je pouvais m'y attendre."

Au cours d'un bref passage à Paris, il voit sa famille et dit à son frère Antoine, qui le rapportera dans son livre "Autrement qu'ainsi": "Alger nous interdit de donner des armes aux communistes, mais il faut savoir ce que l'on veut, ce sont eux qui se battent le mieux, je leur en donne."

Quand sa famille apprend la mort de son frère Michel, fusillé comme "terroriste", il écrit  à son cousin Bernard: "Michel est mort en saint, comme un martyr après avoir donné toute sa mesure en quatre mois. Si toute la famille est tristement fière mais sereine devant cette mort, c'est parce qu'ils sentent tous bien qu'il a donné sa pleine mesure. Je me sens un tout petit garçon. C'est triste, très, mais splendide. Et  Papa et Maman ont été spirituellement grandis. Tous d'ailleurs."

Le 28 mai 1944, deux policiers allemands emmènent ses parents qui seront libérés un mois plus tard.

Le 6 juin, c'est le débarquement en Normandie. Antoine Pelletier écrit: "La Résistance des Maures avait, au reçu du message du 5 juin, gagné les trois maquis de Sainte-Maxime, de Cogolin et de La Mourre; celui-ci, proche de la Garde-Freinet, était commandé par François et Jean Despas." Le 16 juin, François écrit à sa famille: "Ici rien ne bouge encore. Attention à vous tous ces temps-ci. Je vais bien, parfaitement, une suite de moments de calme et de gros travail, de belles joies intérieures et quelques déceptions."

C'est à ce moment qu'il rencontre Nicole, fille du peintre yougoslave Barko. "Elle est grande et brune, dit-il, avec une masse de cheveux, très féminine de formes, avec de belles hanches, sérieuse et rieuse, timide et pleine d'aisance."

Mais, écrira le capitaine Aubert, "trahi, Ruben est arrêté le 24 juillet 1944 à Saint Tropez, rue Allard, à la sortie du restaurant des Muscadins, par la Gestapo de Marseille. Avec lui se trouvaient son radio Paoli et l'officier américain Muthular d'Errecalde alias Lucas, qui était sur le point d'embarquer pour Alger avec les plans des champs de mines de la plage de Pampelone." Antoine Pelletier parle, lui, de l'auberge des Maures, disant que François Pelletier, apercevant les Allemands derrière un muret, a le temps de courir à sa chambre pour cacher une mitraillette. Mais la Gestapo trouve dans le cabanon du jardin armes et documents.

François Pelletier et Lucas sont emmenés à la kommandantur, sur le port. Apprenant la nouvelle, Nicole se précipite au port et voit les deux hommes monter en voiture. François voit la jeune fille.

Transféré à Marseille, au siège de la Gestapo, 425 rue Paradis, au 7e étage dont les chambres ont été transformées en cellules, il est d'abord, d'après son frère, enfermé avec Philippe Lafforgue* et un truand de la rue de Paradis, et subit trois interrogatoires, les 24, 25 et 31 juillet.

Dunker ajoute en ces termes une prise de plus à son rapport:

"32. Pelletier, alias Ruben

Venu d'Alger.

Est arrivé en France venant de Blida le 8-3-44. A été parachuté près de la Motte-d'Aigues (Vaucluse). Depuis son arrivée il a dirigé la liaison par vedettes rapides entre Saint-Tropez et la Corse. Son activité n'étant pas suffisante, il a organisé au cours des derniers mois, un groupe de Résistance, tendance ORA. Il a remis aux F.T.P. la moitié des armes qui lui avaient été envoyées par parachutage: 12 containers. On a trouvé chez lui (sic): 6 containers, 1 dépôt de vivres, 20 mines allemandes que Pelletier lui-même avait enlevés du lieu de parachutage (sic). Ce matériel a été remis à la Wehrmacht."

Dès son arrestation, sa famille tente toutes les interventions possibles (sa mère rencontre le cardinal Suard, qui est intervenu pour d'autres prisonniers, de Brinon est contacté).

Le 12 août au matin, avec Philippe Lafforgue et six autres détenus, il est emmené à Signes, au pied de la Sainte-Baume. "A côté d'une première fosse, dit son frère, une autre avait été creusée, le long de laquelle on les fit aligner."

François Pelletier est fusillé  trois jours avant le débarquement en Provence. Il a 24 ans.

C'est  dans le charnier de Signes qu'on retrouvera son corps. Sur une note de son dossier au Bureau Résistance, on lit:

 "Pelletier François (Ruben)

- chemise fond blanc, petit quadrillé vert pâle - rayure vert foncé, chemise longue,      col tenant complètement ouvert devant

- caleçons courts, toile écrue

- pantalon long à pont

-mouchoir blanc, ourlé à jour

 très grand blanc (genre armée)

- une pièce de 2 francs aluminium

- cheveux châtain clair

- machoire inférieure T.B. état

                       supérieure, manque 2e molaire gauche, 2e molaire droit

- amputation: index droit."

L'autopsie  prouvera qu'il a été "affreusement torturé".

Une autre note, écrite au crayon, à l'intention du colonel Clippet, précise qu'il a été ensuite enterré au cimetière Saint Pierre à Marseille (dans le caveau des Victimes du Devoir) et que "ses effets personnels se trouvent à l'entrée du cimetière chez le gardien. Voir parents, commandant Pelletier à Paris, chez M. Paupalet 86 rue d'Assas.

Visite de M. Pelletier le 13 novembre 1944 matin, informé de l'arrestation de son fils, présomptions graves." Antoine Pelletier dit, lui, que sa famille a été informée de la mort de François Pelletier le 19 octobre.

A la fin du mois de novembre devait parvenir à ses parents, avec les affaires qu'il avait laissées en Algérie, une longue lettre écrite le 9 octobre 1943 "pour le cas où...":

"Avant de partir pour ce qui peut être définitif, je veux vous laisser quelques mots, qui sans calmer aucune douleur si elle doit être, sans justifier quoique ce soit expliqueront un peu ce que j'ai fait.

Je ne crois plus maintenant que mes décisions aient suivi une ligne de conduite précise quelconque, elles n'ont eu d'autres sources que celles de mon tempérament, de mes préjugés, connus de moi ou non, de ma formation  et de mes origines projetées parmi les circonstances que j'ai traversées.

C'est avec tout ceci que j'ai successivement pris les décisions qui m'ont amené à ceci, que je sais, à ce que j'ignore encore du futur. Tout ce que je puis dire, c'est que j'ai chaque fois été loyal vis-à vis de ces décisions, ne négligeant pour les prendre, aucun des éléments qui m'étaient donnés, ni le temps de les analyser.

J'ajoute enfin, à mon excuse, et je sais qu'il m'en faudrait de votre amour pour moi, que ces décisions, vous les avez prises avec moi. Il n'en est pas d'importantes pour lesquelles je ne me sois demandé ce que vous attendiez de moi, ce que je devais faire pour ne pas vous décevoir secrètement, quelque joie que vous ayez à me garder ou quelque amertume de me perdre.

Nous somme tous, je crois, plus semblables à ce que nous voulons être qu'à ce que nous sommes. Je me suis, au fond, toujours et surtout demandé ce que vous et les gens que j'estime attendriez de moi.

Ce qui me trouble davantage et vous inquiéterait aussi, c'est de savoir comment le pacifiste à tout crin que j'étais, celui qui plaçait au-dessus de tout une vie d'homme et sa conservation, a pu devenir si méprisant des vies humaines et de la sienne propre.

Ceci, je le dois, je crois, au fait d'avoir hors de la maison, rencontré la Vie. L'action et ses conséquences ont pris pour moi la place que j'accordais à la réflexion pure. Ceci, je ne l'ai pas commandé. C'est un fait et je le constate.

En prenant ces décisions j'ai surtout obéi à un impératif intérieur, dont vous ne renierez pas la paternité. Celui de croire à ce que je faisais et de le faire à fond. C'est un besoin plus qu'un raisonnement. Je lui accorde trop de valeur pour essayer de le diminuer, cet impératif, même au péril de l'existence qu'il prétend diriger. Vous ne renierez pas ceci car vous aussi, quoi qu'aient pu en penser mes dix-huit ans, qui n'étaient pas viables, vous avez été entiers, et violents, vis-à-vis de l'existence qui le demande si peu et y encourage moins encore.

De m'avoir légué ceci, je le crois, je vous remercie, car seuls les violents emporteront, paraît-il, le royaume des cieux.

De temps à autre, le vieil homme s'effraye de toutes ces douleurs en gestation, de celles que je prépare peut-être, de celles qui éclatent de tous côtés, Maman qui m'avez porté neufs mois, mis au monde dans la douleur et élevé vingt années. Je pense aussi à cette foi que j'ai dans les destinés humaines, qui dépasse et provoque mon besoin de mener ma vie à fond.

Mais la douleur ne se mesure pas, c'est un fait de la vie qui n'évolue qu'à ce prix. Si je vis, les mêmes sacrifices me seront demandés, si je meurs d'autres les assumeront, mais je pense encore que tout ceci mènera à un mieux, ce "règne de Dieu" auquel je crois.

L'essentiel c'est de ne pas perdre cette foi, de rester au-dessus de tous les coups. Je me demande parfois si de trop lourdes épreuves ne la font pas perdre à coup sûr, mais il faut la garder, ne pas devenir amers.

A tout ceci je dois d'avoir accepté pleinement l'idée d'un sacrifice complet, s'il m'est imposé, en sachant bien cependant que ce ne serait pas moi qui en assurerait la plus lourde part.

Seule une idée m'est chère, car je n'ai pas, là non plus dépouillé le vieil homme. L'ordre temporel et présent est un fait. Ce sacrifice je l'ai fait beaucoup en pensant à Courroy, qui est plus que moi-même, à la maison et je voudrais tant que l'un de nous conserve la splendeur de cette durée familiale. (...) C'est ce que je voudrais pour nous, tant je suis convaincu que notre enfance et votre vie furent un fait rare et précieux(...) Je ne regrette rien, sauf de ne pas avoir usé pleinement de toutes les circonstances pour mon édification intérieure. C'est, à proprement parler, le péché.

Je n'ai qu'un souhait, c'est que tous ces sacrifices, le vôtre, celui de tant d'hommes, le mien, soient consentis et remplis sans amertume, assumés en homme et que le monde en progresse.

Papa, Maman, il faut croire, ainsi nous revivrons vraiment tous.(...) Nous avons vécu, au total, une unité pure, entière, heureuse, une belle vie familiale. Ceci est votre oeuvre. Je vous en bénis de tout moi-même. C'est peut-être un adieu.(...)

J'aurais pu agir autrement, peut-être plus prudemment, mais ce n'était pas ma voie et je n'aurais pas été heureux."

Déclaré "Mort pour la France", François Pelletier recevra la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

 

*

 

Citation (à l'ordre de la Brigade):

"F.F.I., soldat sans uniforme. Mort glorieusement pour la France."

 

Lieux de mémoire: - A Cogolin, une rue porte le nom de François Pelletier, avec ces précisions: "officier  parachuté, fusillé par les nazis à Signes (Var) le 12 août 1944".

- A La Garde-Freinet, au col du Vinon, sur la route départementale 74, a été apposée une plaque ainsi libellée: " Résistance et Brigades des Maures. Le 6 juin 1944 sur ce sommet dans une ferme voisine détruite à l'explosif par l'ennemi, le 25 juillet 1944, le sous-lieutenant François Pelletier parachuté d'Alger, arrêté à Saint-Tropez le 24 juillet 1944 et massacré à Signes (Var) le 12 août 1944, a créé le Maquis d'instruction de la Mourre, pour que vive la France et l'Humanité."

- A Signes, une plaque porte son nom.

 

Références : Archives du Bureau Résistance; "Flottilles secrètes" de Sir Brooks-Richard (Ed. MDV-Le Touvet); informations fournies par le colonel François Cart; plaquette  publiée par l'ONAC,"Mémoires varoires", "François Pelletier et le Maquis de la Mourre" ; "Autrement qu'ainsi" de Antoine Pelletier (Ed. Quintette).

 


PELLETIER

Louis, Robert

Pseudonyme: GERBERT

 

 

Né le 13 juillet 1889  à  Paris1er de Louis Pelletier et de Victorine Imbert Epouse: Marthe... Profession: journaliste Décédé le 9 août 1941 à Sceaux (Seine) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P3)Agent P2

 

Louis Pelletier était journaliste.Lycéen à Nice, il avait passé son baccalauréat à Paris. Engagé pour la durée de la guerre, de 1914 à 1916 il fut successivement cavalier dans la Marne, à Ypres, au 7e cuirassier dans l'Aube et,  de 1917 à 1919, se trouva dans un R.T.M. (régiment de tirailleur marocain). Dans le dossier constitué par les Allemands lors de son jugement, il est dit qu'entre sa participation aux combats de la première guerre mondiale, où il aurait été blessé à trois reprises, et son séjour au Maroc, libéré un temps pour cause de santé, il fit à la Sorbonne des études d'histoire et de géographie.

Le dossier allemand rapporte la suite de sa biographie et il est certain que le contenu de tels documents est à considérer avec circonspection compte tenu des circonstances. Il y est dit qu'après 1919, il travailla dans un banque qui fit faillite et qu'il fut alors condamné par défaut à un an de prison. Rentré en France, il fut reporter et collaborateur de Caillaux. Quand ce dernier devint ministre des Finances en 1925, il fit partie de son cabinet. Il avait pour charge de traiter les articles de Caillaux et écrivit lui-même des articles pour un journal financier en 1932-1933. Entré ensuite dans un journal comme reporter, il fit plusieurs voyages dont un en Allemagne en 1936. En 1937, il entra à "Paris-Soir" puis devint, en 1939, chef d'une agence de la "Prima- Presse" qu'il quitta quelques jours avant le début de la guerre. Le dossier allemand dit aussi qu'il a suivi un cours d'officier de renseignement et a été promu capitaine en 1938.

Ce que Louis Pelletier ne dit pas aux Allemands c'est qu'il a fait très tôt partie des Services spéciaux. Son fils Robert écrira: "Mon père faisait partie du service du colonel Mermet depuis 1921. Après l'armistice de 40, il fut chargé par le colonel Mermet de reconstituer un service de renseignement à Paris. Ce service fonctionnera jusqu'en novembre 1940, date à laquelle mon père fut arrêté. Le colonel Mermet m'a indiqué que lui-même et mon père travaillaient avec le colonel Touny de l'O.C.M.  (Organisation civile et militaire) depuis juin 1940."

Le colonel Mermet (2e Bureau de la Place de Paris), explique que le réseau Mermet "Lynx", constitué avant la guerre et qui n'a pas été homologué, comptait plus de 200 agents à la mobilisation et qu'il a travaillé pour le renseignement en zone occupée en liaison avec les bureaux de renseignement de l'Armée et de O.C.M., dont le chef, le colonel Touny (alias Langlois), était en relation avec Londres. Le colonel Mermet précise: "Chef d'état-major du général Henri Martin, mon travail était facilité par les possibilités que j'avais de faire franchir la ligne de démarcation par des agents et des courriers en utilisant les chefs de cantons de la ligne de démarcation qui se trouvaient sous mes ordres. Cette activité n'échappa pas aux autorités allemandes qui avaient déjà un oeil sur moi en raison de mon travail de contre-espionnage d'avant guerre et de mes ouvrages militaires. Certains de mes agents furent arrêtés. Ce fut le cas du capitaine de réserve Pelletier à qui j'avais donné un quetionnaire à Châteauroux en septembre 1940, qui fut arrêté le 11 novembre au cours de sa mission." Il était alors commandant.

Le dossier allemand dit encore que, libéré par l'Armée, Louis Pelletier entre au ministère de la Propagande française, chargé d'établir l'effet de cette propagande sur les soldats et la population civile. Son domicile officiel est à Meaux, mais il habite chez sa belle-soeur à Paris. A la mi-juin 1940, il va à Meaux voir ce que sont devenus ses meubles, mais, à son retour, le ministère de la Propagande a quitté Paris. Avec sa famille, il se  rend alors à pied à Pougues-les-Eaux, près de la ligne de démarcation et cherche un emploi de journaliste.

Dans les archives d'Alger, un papier (rapport Aile-Bordeaux - 22-11-42) dit que deux indicatrices françaises à la solde de l'Allemagne ont donné le capitaine Pelletier. Et Pierre Leblond, gardien de la paix, qui devait connaître Louis Pelletier en détention, témoignera ainsi le 21 octobre 1944:

"(...) Il se faisait appeler Paul. Il avait été arrêté le 11 novembre 1940 par la Gestapo dans un café, à Asnières, à la suite d'un guet-apens que lui avait tendu un sous-officier qui avait été son chauffeur pendant le guerre 1939-1940 (ce chauffeur habitait Asnières). Il avait promis à Pelletier de lui apporter des conserves et, comme ce dernier allait les chercher au café où ce type lui avait donné rendez-vous, la Gestapo l'a arrêté (...) Il avait été accusé d'avoir une documentation personnelle sur la motorisation de certaines unités de l'armée allemande. Ce travail a été imprimé dans un journal allemand qu'un ami de R. Pelletier avait fait passer dans un morceau de pain, de façon à ce que ce papier lui permette d'obtenir plus facilement un recours en grâce, qu'il avait demandé."

Dans le dossier de jugement allemand, qu'il faut prendre là avec encore plus de circonspection et sans oublier que Louis Pelletier a insisté sur certains faits pour tenter de se disculper, il est fait allusion à une activité de l'accusé, qui aurait consisté à fournir à un agent italien des informations sur l'armée française, les séances secrètes de la Chambre et le gouvernement de Vichy.

Mais le chef d'accusation en ce qui concerne le tribunal allemand est d'avoir recueilli en septembre et octobre 1940, en zone occupée, des renseignements "avec l'intention de les communiquer à l'ennemi" (aux Alliés).

Il est dit aussi que le commandant Martin, dont il a fait la connaissance lorsqu'il travaillait avec Caillaux, lui a demandé de noter dans les rues de Paris les signes distinctifs et tactiques des véhicules allemands ainsi que des renseignements sur les mouvements de troupes et les industries travaillant pour l'Allemagne. Pelletier ne se défend pas de cette accusation: un cahier rouge dans lequel il notait ces informations a été saisi le 11 octobre où il l'avait caché, à Pougues-les-Eaux, chez la baronne Alix de Terline qu'il connaissait par sa famille. Ainsi, page 6 du dit cahier, les Allemands ont pu lire: "L'unité qui est stationnée à Paris à la caserne de la Pépinière, club militaire, Hôtel de Londres, et qui avait comme insigne deux tours jaunes, a quitté Paris dans la nuit du 2 au 3 octobre. Les ordonnances et officiers se retirent en vitesse, comme ils l'ont raconté dans une blanchisserie et une teinturerie, et ils ont déclaré que leur division partait en Allemagne".

Pour tenter de se défendre, Louis Pelletier dit qu'il n'a pas cru Martin chargé d'un service de renseignements ni anglophile et qu'il pensait ces renseignements peu importants.

Le cahier saisi n'ayant pu être transmis aux Alliés, les juges, qui parlent de lui comme d'"une personnalité impénétrable", considèrent que l'activité de Louis Pelletier n'a pas été préjudiciable au Reich et que cela plaide en sa faveur. Aussi émettent-il un avis favorable à un recours en grâce le 28 juillet 1941. Mais le 8 août, le jugement est confirmé et le  lendemain, à 7h15, Louis Pelletier est fusillé dans le parc de Sceaux.

Le jour même, le conseiller du Tribunal de guerre du Reich (signature illisible) écrit: "Le commandant militaire a ordonné que l'ancienne activité du condamné contre la France ne devra provisoirement pas être portée à la connaissance de la Délégation générale française".

Louis Pelletier est le père d'une famille particulièrement patriote: son épouse, Marthe, est adjudant à titre honoraire; son  fils aîné, Étienne, également dans la Résistance (réseau Alliance), sera fusillé à 21 ans, le 21 janvier 1944. Son second fils, Robert, n'a que 11 ans. C’est à lui qu’il écrit cette dernière lettre.

« Mon Bobby bien-aimé.

Ne pleure pas, mon Bobby, la pensée de tes larmes m’ôte mon courage.

Mon Dieu ! quand je pense à ton enfance si tourmentée déjà ; quand je pense aux larmes que tu as déjà versées pour moi ; quand je pense que, si jeune, je ne te reverrai plus. Mais non, je te reverrai mon Bobby, Dieu nous réunira plus tard, quand tu auras accompli ta tâche sur la terre, et je le prierai pour qu’elle te soit moins  lourde que la mienne ne l’a été. Et pour cela je veux aussi te donner des conseils. Travaille, mon Bobby, sois aussi instruit en toutes choses que tu le pourras. Dans quelques années, tu choisiras ta voie. Fais le posément, en t’interrogeant, en t’interrogeant longuement sur tes goûts, sur tes aptitudes et suis le chemin choisi avec opiniâtreté. Sois doux et bon, mon Bobby, on ne l’est jamais assez. Je ne l’ai pas toujours été assez avec toi et je le regrette aujourd’hui de toute mon âme. Pourtant tu sais combien ton papa t’aime, et je pense que, dans ton souvenir, c’est cet amour qui l’emportera sur tout la reste.

Profite, mon Bobby de ma douloureuse expérience. Il faut, avec l’aide de Dieu, choisir un chemin et s’y tenir.

J’ai voulu faire trop de choses, j’ai eu trop d’ambitions contradictoires. J’ai eu pourtant et par-dessus tout celle de vous rendre heureux. Je n’y suis pas parvenu parce que je n’ai pas suffisamment écouté Dieu.

Ce ne sera pas ton cas, mon Bobby, n’est-ce pas ? Et ne te laisse pas accabler par le chagrin. D’autres plus jeunes que moi sont morts dans cette guerre, et pourvu que ma disparition ne vous laisse pas trop malheureux, je voudrais tant avoir, en cet instant, la certitude que tu vivras courageusement d’abord, puis joyeusement.

Il faut te dire, mon Bobby que la mort n’est qu’une séparation momentanée et qu’on se retrouve ensuite ; j’en ai non pas seulement la foi, mais la certitude.

Tu seras un bon petit Français, tu seras fier de ton Papa, qui, jusqu’au bout, aura fait son devoir, non seulement pour la Patrie, mais pour vous trois !

Car c’est bien à vous trois que je pensait quand je me suis engagé dans cette voie périlleuse et glorieuse.

Tu consolera ta maman, tu lui répéteras la (mot censuré) en lui disant que je suis toujours là, près de vous, plus près que je ne le suis en ce moment.

Peut-être te sera-t-il donné, si tu travailles bien et si Dieu t’aide, d’être dans vingt ou trente ans un des hommes qui relèvera la France, qui fera que je ne serai pas mort en vain.

Mais on ne meurt jamais en vain. C’est parce que trop de Français disaient et pensaient le contraire que nous avons connu la défaite avec toutes ses effroyables conséquences. Je voudrais te dire tant de choses et tu es encore si jeune mon Bobby. Et c’est à toi – que ton frère et ta mère ne soient pas fâchés – que je pense avec le plus de tendresse. Je t’ai eu si peu avec moi, mon Bobby. Depuis que nous avons habité Meaux, j’ai eu si peu d’heures à vivre avec toi.

Maintenant ce ne sera plus la même chose, tu ne (me) verras pas, mais je serai près de toi, Dieu le permettra, j’en suis sûr. Si mes prières sont entendues, et elles le seront, tu seras protégé, mon Bobby.

Sois courageux, comme un soldat, sois fier de moi et, dès que (tu) le pourras, sois gai. Il ne faut pas penser à moi dans la tristesse, car ma seule souffrance est la pensée de votre tristesse.

Comme je serais libéré de mon seul chagrin, si j’étais certain, mon Bobby, que tu surmonteras rapidement ta peine et que tu me donneras la joie de vivre en pensant à moi avec tendresse, sans douleur.

Je te bénis, mon Bobby, en demandant à Dieu de t’accorder sur terre à toi, toute innocence, ce que sa justice m’a refusé.

Toute ma pensée va vers toi, je te serre sur mon cœur, je t’embrasse de toute mon âme.

Ton père qui t’aime,

Robert.

Sois fort, sois courageux, sois bon.

VIVE LA FRANCE ! »

 Déclaré "Mort pour la France", chevalier de la Légion d'Honneur, Louis Robert Pelletier a reçu la Croix de Guerre 1914-1918 (avec 7 citations), la Médaille des engagés volontaires, la Croix de Saint-Georges de 2e classe et, à titre posthume, la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Archives d'Alger (dossier n° 3203-88); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4 ; documents fournis par la famille.


PERBAL

André, Louis

Pseudonyme: CHRISTOPHE

 

 

Né le 9 septembre 1908  à  Mercy-le-Haut (Meurthe et Moselle) de...     et de Marie Perbal Epouse:  Madeleine Walker Profession: géomètre Décédé le 2 juin 1943  à  Dortmund  (Allemagne) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P3)Agent P1

 

André Perbal avait fait l'École des Mines de Thionville. Il était géomètre et parlait le polonais.

Incorporé dans l'artillerie en 1928 à Metz, il  fut mobilisé en août 1940 à Sedan. Fait prisonnier le 18 juin 1940, il s'évada le 1er septembre 1940 de Tournes (Ardennes) et rentra chez lui, à Tavaux (Aisne). Sa mère dira: "Dès son retour il a aidé beaucoup de prisonniers français évadés".

Mme Madeleine Perbal, son épouse (depuis 1932), déclarera que son mari aurait été pressenti par le capitaine Usser (nom de guerre Rigolot) pour faire partie du 2e Bureau en décembre 1940 au bureau de démobilisation de Châteauroux. Dès le 15 décembre 1940, il entre donc dans la Résistance (agent P1 du réseau Kléber jusqu'au 27 mars 1942, puis P2 à partir de ce moment).

Il est arrêté par la Gestapo le 27 mars 1942 à Tavaux où il est expert géomètre, et interné quelques mois à Loos (Nord).

Accusé d'espionnage, il est traduit devant le 2e Sénat (jugement du 16 mars 1943).

Le Dr. Pierre Barbier, dont le frère a également été interné à Loos-les-Lille, dit que ce dernier a eu comme voisin de cellule André Perbal." Ils ont quitté Loos le 2 ou 3 septembre 1942 pour Bochum, dit-il; ils ont été transférés à Dortmund en mai 1943. Jugés et exécutés peu de temps après et incinérés. J'ai appris par la suite, ajoute-t-il, que M. Perbal avait été recruté à son retour en France par un agent de renseignement se trouvant à Châteauroux et qu'il avait été chargé par lui, de fournir à la Résistance des renseignements concernant les Allemands se trouvant dans sa région. Il a été arrêté  à la suite de la découverte faite par les Allemands d'une liste d'agents travaillant en zone Sud."

Une note du liquidateur du réseau, le commandant Lochard, dit que André Perbal a été arrêté "à la suite d'une imprudence commise par un agent: envoi d'un mandat en zone libre."

Déclaré "Mort pour la France", André Perbal recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4, mairie  de Mercy-le-Haut (Meurthe et Moselle)

 


PERRIN

Roger, Fernand

 

 

Né le 13 décembre 1920  à  Chaumont (Haute-Marne) de Alphonse, Eugène Perrin  et de  Louise, Alphonsine Caillet Epouse:  Geneviève, Charlotte, Louise Marcel Profession: garde des Eaux et Forêts Décédé le 21 décembre 1944  à  Hartmeim (Autriche) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus) Agent P2

 

Garde des Eaux et Forêts, habitant sa ville natale, Roger Perrin a 21 ans quand il s'engage dans la Résistance, le 1er janvier 1942.

Arrêté le 16 janvier 1943 à Dampierre (Haute-Marne), lors d'une mission, il est déporté et meurt le 21 décembre 1944 en Autriche, à Hartmeim.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du "Bureau "Résistance"

 


PERRIN

Roger, Léon, Adolphe

 

 

Né le 2 février 1901 à Grenoble (Isère) de Johanny Perrin  et de Alice Terrier Epouse Albertine Sadouillet Profession: officier d'active Décédé le 17 octobre  1944  à  Lons-le-Saunier 

Réseau: ?

 

Incorporé dans l'Armée en 1921 à Grenoble, sa ville natale, Roger Perrin fit les E.O.R. Devenu sous-lieutenant de réserve, il fut affecté au 7e R.A.C.  Puis, renvoyé dans ses foyers en 1923, il se retira à Blida (Algérie), mais se réengagea immédiatement, fit l'École d'administration de Vincennes en 1925 et fut promu officier d'administration, comme comptable au service de l'artillerie métropolitaine. Lieutenant, il a suivi les cours de l'École d'application d'artillerie de Fontainebleau en 1930, a été promu capitaine en 1934. Enfin, ayant suivi en 1937 les Cours d'optique de l'Inspection générale de l'armement à Paris, il devint inspecteur du matériel optique et cinématographique de la 5e circonscription et se trouvait à Lyon en 1939. Il fut inspecteur du matériel optique et topographique de la région fortifiée des Alpes et aux 14e et 15e corps d'armée jusqu'au 24 juillet 1940. Enfin, il finit la guerre de 39-40 à la 24e unité de gardiennage d'artillerie (Tarentaise).

Alors envoyé en Afrique du Nord, comme inspecteur optique, il embarque le 2 janvier 1941 à Marseille pour débarquer à Alger où il est nommé chef de la section cinématographique de l'Armée d'Afrique du Nord, dont il est en fait le créateur. Puis,  en 1943, il passe sous le commandement du général commandant l'armée B.
Le 4 septembre 1944, il embarque à Oran, arrive en France cinq jours plus tard et passe sous le commandement de la 1re Armée française. Il rejoint Grenoble le 20 septembre 1944 puis, le 25 septembre, Lons-le-Saulnier où, à la suite d'un accident de voiture, il meurt à l'hôpital.

Déclaré "Mort pour la France", le capitaine Perrin recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Dossier du SHAT


PEUZIAT

Yvon ou Yves

Pseudonyme: YVAN

 

 

Né le 22 janvier 1916  à  Audierne (Finistère) de Jean-Marie Peuziat  et de  Marguerite Jacob Epouse:  Yvonne, Jeanne Caer Décédé le 19 août 1944  à Toulouse 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. , groupe MorhangeAgent P2

 

Yvon Peuziat a fait la guerre 1939-40 dans l'artillerie et habite à Lambezellec (Finistère), quand il entre dans le groupe Morhange le 1er juin 1943.

Il aurait été arrêté le 19 juillet 1944.

Il est mort à Toulouse, lors des combats pour la libération de la ville.

Déclaré "Mort pour la France", Yvon Peuziat a reçu la Croix de Guerre 1939 avec étoile de vermeil.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"


PEYRARD

Jean Pierre

 

 

Né le 17 mai 1922 (ou 1892)  à  Sainte-Marie-les-Mines (Haut-Rhin) de.... Divorcé Disparu 

Réseau : S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Agent de renseignements dans les Services spéciaux depuis le 27 novembre 1942 , père de trois enfants, Jean Pierre Peyrard est arrêté le 10 décembre 1943 et porté disparu.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.27


PEYRUSSE

Joseph

 

 

Né le 19 mars 1905  à  Sète (Hérault de Jules ou Fernand Peyrusse  et de  Henriette Alary Epouse:  Suzanne, Marie, Françoise Hortalea ou Hortala  Profession: électricien Décédé le 6 avril 1945  à  Dora (Sangerhausen) 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Joseph Peyrusse était électricien. Engagé volontaire en 1924, affecté à l'infanterie, il a été démobilisé en mai 1926 et a reçu un témoignage de satisfaction à l'ordre de la division en 1932. Nommé sous-lieutenant de réserve en 1933, il s'est rengagé en 1935.

En mars 1940, il a été affecté au 67e régiment d'infanterie puis au 150e et il fut cité à l'ordre de la brigade pour une action le 15 mai 1940, qui lui valut la Croix de Guerre.

En congé d'armistice depuis décembre 1941, il est agent de renseignements dans les Services spéciaux à partir du 27 novembre 1942.

Arrêté par la Gestapo le 25 juin 1943, à Clermont-Ferrand, où il habite avec sa femme et ses trois enfants, 51 rue Max Dormoy, il est déporté à Dora (Sangerhausen) et meurt dans le camp le 6 avril 1945.

Déclaré "Mort pour la France", Joseph Peyrusse recevra la Médaille militaire et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Dossier du SHAT;  archives du Bureau "Résistance";Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.27


 

 

 
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