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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Gm-Gz
 

GODENZI

Gualtiero, Walter

 

 

Né le 8 septembre 1904  à  Rome (Italie) de Pietro Godenzi  et de  Theresa Tuena Nationalité  suisse Epouse: Georgette, Palmyre Graux Profession: conducteur de travaux publics Décédé le 13 décembre 1944  à  Ellrich (Allemagne) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Uranus du S.R. Kléber Agent P2

 

Gualtiero Godenzi était conducteur de travaux publics. Engagé dans le réseau Uranus de Reims, comme agent P2 depuis le 1er août 1942, il est arrêté par la Gestapo, sur dénonciation, le 1er mars 1943, pour "contact avec un agent ennemi, s'étant engagé à lui fournir des renseignements au sujet des transports ferroviaires allemands."

Déporté le 21 janvier 1944 à Dora-Ellrich, il y meurt le 13 décembre 1944.

Gualtiero Godenzi sera déclaré "Mort pour la France" et recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


GOETZ

René, Eugène

 

 

Né le 19 juillet 1920  à  Valentigney (Doubs) de Emile Goetz  et de  Gabielle Morlot Célibataire Profession: ouvrier Décédé en septembre 1944  à  Orianenburg 

Réseau:  Bruno du S.R. KléberAgent P2

 

René Goetz , ouvrier d'usine dans le Territoire de Belfort, engagé en novembre 1939, a  fait la guerre dans l'artillerie. Il a vingt ans quand il entre dans les services de renseignements (réseau Bruno du S.R. Kléber), vingt-et-un ans quand il est arrêté, le 15 juin 1942. Il est déporté le 15 avril 1944  à Saxenausen et meurt à Orianenburg en septembre 1944.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Croix de Guerre et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau"Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


GOIGOUX

Jules, Fernand, Joseph

 

 

Né le 21 février 1908  à  Chambon sur Lac (Puy de Dôme) de Antoine Goigoux  et de  Marguerite Roux Epouse:  Marie Antonia Baptifolier Profession: agriculteur Décédé le 9 juillet 1943 à Chambon sur Lac 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Jules Goigoux était cultivateur exploitant à Chambon sur Lac où il était né. Quand il s'engage dans la Résistance en novembre 1942, il a deux enfants de 5 et 6 ans.

Le commandant Johannés, du T.R. 113 de Clermont-ferrand, sous les ordres duquel il travaille, témoignera ainsi, en 1946:

"Goigoux Jules, recruté comme agent radio pour le T.R. 113, avait un poste émetteur chez lui, à son domicile, près du col de Diane, où plusieurs émissions ont été effectuées. Le 9 juillet 1943, suite à l'arrestation du technicien radio de T.R. 113 et suite à des repérages gonio effectués depuis huit mois par la Gestapo, la police allemande s'est rendue à Surins pour procéder à l'arrestation de Goigoux Jules. Celui-ci s'est sauvé vers les falaises de la vallée de Chaudefour. Poursuivi par la Gestapo, il a été abattu à coups de mitraillette, à vingt mètres environ avant d'atteindre le lieu du refuge (les rochers de Chaudefour).

C'était un patriote fervent et un résistant de première heure, qui était toujours volontaire pour les missions périlleuses."  Il a  de plus été un agent de renseignement actif.

Jules Goigoux sera déclaré "Mort pour la France"

 

*

Citation: "S'est mis à la disposition d'un poste clandestin de contre-espionnage en France occupée en recueillant notamment, dans sa propre demeure, des agents chargés de l'exploitation d'un poste émetteur de radio. A, de plus, apporté au chef de poste un concours précieux d'agent de renseignements. Lors d'une descente de la Gestapo à son domicile, a été convaincu de complicité avec des agents du Service. A été abattu sur place par les policiers allemands le 9 juillet 1943."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°24,  p.52, n°57, p.6


GRAFF

Louis

 

Né le 5 juillet 1923  à  Nice Célibataire Décédé début 1945 (?)

 Réseau: S.S.M.F./T.R.

 

Recruté par le capitaine Gillot, chef de l'annexe du T.R. 115 à Nice, Louis Graff a été envoyé par lui en mission en Italie du Nord au cours du premier semestre 1945. Il aurait été arrêté par les Allemands en février 1945. Mais la plus grande incertitude demeure quant à sa fin. On ne retrouve aucune trace du jeune homme dans les archives italiennes.

En 1945 sera découvert à San Remo un charnier contenant de nombreux cadavres non identifiables de personnes exécutées par les Allemands.

La mère de Louis Graff rapporte qu'un camarade de son fils, collaborateur qui aurait suivi les Allemands dans leur retraite, lui a dit que Louis avait bien été arrêté par les Allemands. Ce camarade, d'après le chanoine Girault, pourrait bien avoir dénoncé  son camarade.

 

Références: dossier A.A.S.D.N. (3422)


GRANDREMY

Pierre, Louis

Pseudonyme:  PIERRE

 

 

Né le 31 octobre 1908  à  Reims (Marne) de Henri Grandrémy  et de Lucie Jumaucourt Epouse:  Germaine, Marie, Lucile Quentin Profession: négociant Décédé le 31 mai 1944  à  Dora 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R.  Kléber (Poste P2), Hector (général Heurtaux),  "Ceux de la Résistance"Agent P1

 

Louis Grandrémy était négociant à Reims. Durant la guerre de 1939-40, il avait été fait prisonnier et s'était évadé, avant d'être démobilisé en zone libre. Ses deux enfants avaient, fin 1940 quand il s'est engagé dans la Résistance: 5 ans et demi (Madeleine) et 1 an (Jacques).

C'est lui qui fonde, à Reims, la groupe qui prendra le nom de "Ceux de la Résistance" et réussit au cours de trois années a grouper dans la ville et dans sa région d'importants effectifs qu'il encadre avec un réel charisme. Ainsi il fournit des renseignements de grande valeur à Londres. De plus, il organise l'équipement et l'armement des groupes de résistance qu'il a créés.

Une attestation du chef d'escadron Bertin, qui fut le commandant militaire de la Meuse et chef de service au B.C.R.A. de Londres, ajoute que Pierre Grandrémy a apporté son concours à la mise sur pied du premier état-major régional, dont il fit partie. Une autre attestation dit, qu'agent de renseignements, il assura "des liaisons avec Paris où il rencontra M. Lecomte-Boinet (membre du C.N.R. et de l'assemblée consultative) et qu'il faisait partie d'une équipe de réception d'armes parachutées et était l'adjoint du chef local de la Résistance".

Arrêté par la Gestapo le 28 avril 1943, sur dénonciation, à son domicile à Reims, 2 rue des Capucins, il est interné à Châlons-sur-Marne, puis, le 18 janvier 1944  à Compiègne.Il résiste à de très longues et terribles tortures.

Déporté le 24 janvier 1944  à Buchenwald, puis, le 16 février 1944, à Dora, il y  meurt le 31 mai 1944.

Déclaré "Mort pour la France", Louis Grandrémy recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation: "Véritable apôtre de la Résistance. Animé d'une foi ardente dans son pays et d'un total esprit de sacrifice, a fondé sur Reims, dès l'armistice de 1940, un groupe de Résistance qui devait par la suite prendre le nom de Ceux de la Résistance.

Pendant trois années de courage et d'efforts a réussi à grouper dans la région de Reims et à Reims des effectifs importants et encadrés dont il a pu maintenir le moral grâce au magnifique rayonnement qu'il exerçait et à son magnifique travail personnel. A contribué à alimenter les Forces Françaises Libres à Londres de renseignements précieux et de haute valeur militaire. A présidé à l'armement et à l'équipement des principaux groupes de résistance qu'il avait fondés.

A subi avec une exceptionnelle grandeur d'âme les tortures impitoyables qui lui ont été infligées pendant huit mois de détention dont six au secret. A trouvé en lui le courage de ne rien révéler à ses bourreaux."

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


GRIFFI

Pierre, Félix

 

 

Né le 13 mai 1914 à Alger de Don Jean Griffi  et de  Pauline Didier Célibataire Décédé le 18 août 1943  à Bastia 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. -Mission Pearl HarborAgent P2

 

Né  de père corse et de mère savoyarde, Pierre Griffi, militant communiste, volontaire français en Espagne républicaine en 1936, est devenu officier-radio dans la clandestinité à Alger. Il est ainsi en liaison avec les postes du quartier général de Tanger, Gibraltar et Londres, et prend une part active à l'insurrection d'Alger dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942.

Puis, parti lors de la première mission du sous-marin Casabianca pour la libération de la Corse, avec un groupe de radiotélégraphistes dirigé par Joseph Briatte à Alger, dont tous les membres ont participé au débarquement des troupes américaines en Afrique du Nord , il se trouve pour la première fois en Corse. Il a alors vingt-neuf ans. Il a débarqué à Topiti  le 13 (ou 15) décembre 1942 à Oh30, pour effectuer une mission au titre du réseau Pearl Harbor avec le commandant de Saulle et les agents Laurent Preziosi, son cousin Toussaint Griffi et Frédéric Brown. Il est dit dans "Espionnage miltaire en Corse occupée: la mission S.R. Pearl Harbour" qu'ils disposent "d'une soixantaine de mitraillettes STEN et d'un poste émetteur-récepteur anglais à quartz.

Pierre Griffi attend avec le poste radio, les autres se dirigent vers le hameau de Revinda, indiqué par une vieille bergère rencontrée en chemin et par le curé de Gargèse, l'abbé Mattei, qui chemine à dos de mulet. Celui-ci, convaincu d'avoir à faire à des résistants, fournit un guide et des mulets. Le curé abrite les trois agents dans l'église de Revinda, puis Griffi est récupéré sur la plage et l'on se dirige vers Marignana où l'on abrite les agents grâce aux frères Nesa.

L'abbé Ceccaldi, prévenu par eux, trouve une "planque" pour le poste émetteur radio. Les émissions commencent dès le 19 décembre chez Lhoersh, un Alsacien demeurant à Corte....

A Corte, de Saulle avait multiplié les contacts et recueilli des informations que Griffi avait transmises à Alger.

Pearl Harbour crée son propre réseau de renseignements à Bastia avec l'ancien maire Hyacinthe de Montera, limogé par Vichy, et son fils Joseph, au domicile desquels les agents ont reçu dès le 20 décembre 1942 le professeur Roger Soulairol, l'avocat Sébastien de Casalta (condamné à mort par contumace par les Italiens), l'employé de mairie D. Casanova qui fournit de fausses cartes d'identité, ainsi qu'à l'Ile-Rousse, Calvi, Saint Florent, Corté, Cargèse et Piana. A Ajaccio,  grâce notamment à Noël Pinelli et à Charles Giudicelli, patron du grand café Napoléon, qui dirige le groupe Combat et inscrit Griffi comme ouvrier électricien, de Saulle comme caissier de café et le présente au rédacteur de la préfecture Sébatien de Castelli.

Griffi et Preziosi entrent en contact avec Franchini et Tavera et, par eux, avec André Giusti (centralisateur des renseignements), Nonce Benielli, Jean Nicoli (deux des dirigeants du réseau Front National): une liaison permanente est établie entre eux.

Par ailleurs, Pierre Griffi pourra émettre chez Nonce Binielli, Laurence Chavigny et le lieutenant Stefanaggi."

 Il émettra 286 messages vers Alger, avant d'être arrêté par les Italiens.

"Nous qui avons eu l'honneur de vivre avec lui cette épopée de plusieurs mois, dit son frère, Toussaint Griffi, allant de la montagne à la plaine, de vallées en calanques, de grottes en bergeries, et savons avec quelle ténacité, quel admirable sang-froid et quelle maîtrise étonnante il réussit, au prix de risques et d'efforts quotidiens, la liaison radiotélégraphique entre la Corse et le haut commandement allié en Afrique du Nord. Repéré, traqué, puis arrêté en mai (?)1943 par les services de l'O V R A, cette Gestapo, il fut soumis à d'odieuses tortures."

L'arrestation est datée du 11 juin  au Bureau Résistance, du 9 juin dans "Espionnage militaire en Corse occupée: la mission S.R.Pearl Harbour". Elle est ainsi décrite: "Une radio gonio au service du contre-espionnage italien intercepte un message d'un poste radio clandestin, la maison est cernée par d'importantes forces armées. L'OVRA pénètre au domicile de M. Mariani, on y découvre à l'étage un poste émetteur, un accumulateur, Griffi revendique fièrement ses responsabilités et couvre le propriétaire, M. Mariani."

Il sera condamné à mort par le Tribunal du VIIe corps d'Armée italien.

Son frère rapporte qu'"au cours de son procès, il étonna son auditoire et ses juges par son calme et son mépris de la mort. Il força l'admiration de ceux qui l'approchèrent, jusqu'à ses geôliers, ses ennemis, par sa maîtrise de lui-même et sa ferme résolution de ne rien révéler de ce qui aurait pu nuire à ses camardes de lutte et aux Services secrets.(...)

Le procureur italien, le capitaine Lopane, après avoir requis la peine de mort, tenta d'obtenir sa grâce et le cita en exemple aux jeunes Italiens.

Lopane nous rapporta les dernières paroles du supplicié, dit encore Toussaint Griffi.

"Oui, c'est moi le principal responsable du torpillage du "Francisco Crispi". Je sais que je vais être fusillé et je n'ai qu'un regret: celui de ne plus pouvoir vous faire du mal."

A l'ultime minute du sacrifice il dira: " Je meurs en soldat français! Vive la France! Vive De Gaulle! A bas Mussolini!"

Puis, le sourire aux lèvres et le regard méprisant, refusant de se laisser bander les yeux, et faisant face au peloton d'exécution, il tomba le corps criblé de balles," le 18 août 1943 à Bastia.

Son chef de réseau dira de lui: " Radiographe de première valeur. Exemple d'honneur et de devoir. Mort en héros après des tortures effrayantes."

Déclaré "Mort pour la France", Pierre Griffi recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre de l'Armée):

 "Le bel exemple donné par M. Griffi fut une source d'énergie pour des centaines de patriotes corses"

 

Lieu de mémoire:  Le nom de Pierre Griffi a été donné à un square de Corte (d'Ajaccio, d'après "Espionnage militaire en Corse occupée: la mission Pearl Harbour").

 

Références: "La Guerre secrète en France" de Fabrizio Calvi, p.60,79 (Ed. Hachette 1990);  "Casabianca" du commandant L'Herminier (Ed. France Empire); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°159, p.19.; "Espionnage militaire en Corse occupée: la mission S.R. Pearl Harbour" (Service départemental de l'Office national des anciens combattants victimes de guerre de Corse-Sud, Commission départementale de l'information historique pour la paix);  "Résistance et Libération de la France, 1940-1943", Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre; Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°159, p.19; "Secret Flotillas" de Brooks Richards (Ed. HMSO, London, 1995).


GRIMPEL

Gérard, Marie, Edouard

 

 

Né le 4 janvier 1906  à  Paris VIIIe de Maurice Grimpel  et de  Jeanne, Marie, Blanche Truelle Célibataire Profession cadre dans une Cie d'assurance Décédé le 18 janvier 1944  à Dora- Buchenwald 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R.,S.R. Kléber (Poste P2)Agent P1

 

Diplômé de sciences politiques, Gérard Grimpel était sous-directeur de la Cie d'assurance "Notre Vie" ("La Nationale" selon Raymond Ruffin).  Il avait fait la guerre de 1939-40 au Dépôt du Train et avait été démobilisé le 31 juillet 1940.

En 1942, il fournit la couverture d'un emploi dans son groupe d'assurance aux opérateurs  des dérivations de lignes téléphoniques entreprises par l'ingénieur Keller*.

Interné à Fresnes et à Compiègne, il est déporté à Mauthausen, puis transféré à Dora le 10 avril 1943. C'est là  qu'il meurt le 18 janvier 1944.

Déclaré "Mort pour la France", Gérard Grimpel sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre 1939-45 et la Médaille  de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; "Résistance P.T.T." de Raymond Ruffin, p. 72, 179 (Ed. Presses de la Cité, 1967); "Le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.157 ( Ed. Plon, 1978)

 


GUILHAMON

Paul, Jean, Charles, Eugène

Pseudonymes: PAUL, Paul NURDIN, Paul DESCARTES

 

 

Né le 26 septembre 1920  à  Paris XIIIe de Antoine Guilhamon  et de  Marguerite, Germaine Trabet Célibataire Profession: officier d'active (Saint Cyr, promotion 1941) Décédé le 20 décembre 1944  à  Ellrich ou à Sangerhausen (mention sur acte de naissance), Allemagne 

Réseaux: S.S.M.F./T.R. -. Marco du S.R. Kléber, MicromegasAgent P2

 

Le père de Paul Guilhamon, capitaine d'infanterie, venait de mourir en 1940, sa mère était institutrice. Il préparait le concours de Saint-Cyr au lycée Saint-Louis à Paris, quand, avec un camarade d'enfance, Louis Pascano, étudiant en médecine, ils décident de "faire quelque chose".

Reçu à Saint-Cyr au printemps 1941 (promo Charles de Foucault),il quitte Paris pour Aix-en-Provence. Démobilisé, dès son retour, le 5 décembre 1942, il reprend contact avec L. Pascano, qui vient d'entrer dans le groupe "Ceux de la Résistance" (C.D.L.R.). Jean Vivier, camarade de promotion de P. Guilhamon se joint à eux.

D'après une attestation du S.R. Kléber. "Dès cette date il s'est consacré entièrement à la lutte contre l'ennemi avec une abnégation, un patriotisme et un courage qui faisaient de lui un magnifique exemple pour tous ses camarades."

Pascano, qui a quitté le groupe C.D.L.R. pour fonder son propre groupe, "Libre Patrie", charge P. Guilhamon du secteur qui s'occupe des liaisons avec les autres mouvements de résistance et avec leurs secteurs régionaux de "Libre Patrie". En septembre 1943, lors de l'arrestation de Pascano, P. Guilhamon, qui, absent de Paris à ce moment,  échappe aux Allemands, reprend son indépendance. 

Il devient le second de Pierre Rimey* (alias Jacques Messner) lorsque ce dernier crée le groupe Messner. Les deux hommes ont déjà des liens. Dans le dossier "Marco" , constitué par Guy de Saint-Hilaire, il est dit que ce groupe, qui finit par compter une cinquantaine d'agents, recrute essentiellement dans des écoles militaires, surtout Saint-Cyr. Paul Guilhamon est souvent appelé "le Major", parce qu'il est le premier reçu à Saint-Cyr en zone occupée.

Au début de 1943, Pierre Rimey tente d'étendre ses activités, avec ses deux adjoints P. Guilhamon et Jean Vivier, son camarade de promotion. "C'est Guilhamon qui va, entre autres, se charger du recrutement des nouveaux agents" (parmi ses camarades de Saint-Cyr).

En 1943, Paul Guilhamon anime l'équipe de Paris avec Vivier. "S'occupant à titre personnel de la famille du général Giraud, il se fait arrêter" en se rendant vers eux en zone ex-libre. Dans une lettre adressée à sa mère, il annonce qu'il purge une peine de trois semaines à la prison de Bourges et sera de retour à Paris le 23 février 1943. Henri Navarre précise qu'alors "il a réussi à soustraire à toutes les investigations les documents dont il était porteur".

En mars 1943, il rencontre R. Lajoux; ce dernier est parmi ses premières recrues, auxquelles il fait faire du transport de journaux clandestins. Puis, vers fin avril, il charge R. Lajoux de recherche de renseignements en Bretagne. A partir de là se constitue le groupe dit "des Bretons". "La répartition territoriale des agents de Jacques Messner avait abouti à une telle densité d'implantation en Bretagne que, pour deux C.A. allemands relativement stables, huit jeunes officiers avaient pu étudier en détail les plus petites unités et le système de fortifications" (dossier Marco)

Tandis que Vivier s'occupe de recherche de renseignements dans la région parisienne, Guilhamon se charge de l'administration, de la gestion (subsides, tickets d'alimentation, etc.) et de l'exploitation du renseignement.

Il est encore arrêté, dit Henri Navarre,alors qu'il initie "de très jeunes réfractaires au maniement des armes, est parvenu à s'évader grâce à la complicité d'un aumônier quelques instants avant d'être fusillé."

En septembre 1943, une jeune étudiante, Renée Souliman, devient sa collaboratrice (secrétariat, relève de boîte à lettres, report sur cartes de l'ordre de bataille allemand, liaisons exceptionnelles en province).

A Paris, le groupe dispose de deux sortes de locaux (dossier Marco):

" - Les boîtes à lettres: chambre de Jeanne Masse à l'hôtel Bonaparte, un guichet de la compagnie d'assurance L'Abeille rue Taitbout (tenu par MM. Dulauroy* et Istria*), l'atelier du peintre Labreux, rue de l'Amiral Mouchez, et une chambre de l'École de Chimie, rue Curie.

  - Les chambres de certains, utilisées comme lieu de travail, de rencontres et, accessoirement, de boîtes aux lettres, et un local loué ou emprunté par Rimey, rue de Vaugirard, puis rue de Phalsbourg."

En octobre 1943, le groupe Ajax-Micromégas, dépendant du B.C.R.A., et dirigé par Simon Cottoni, commissaire divisionnaire de la D.S.T., absorbe le groupe Messner. Ce dernier travaille également pour le S.R. suisse. Mais, à la suite d'une interruption de contact avec Cottoni, il se trouve sans patron ni ressources ni filières françaises. "L'activité de son chef, Pierre Rimey, dit Guy de Saint-Hilaire, a été considérable, mais quelque peu décousue jusqu'au jour où la solide équipe qu'il avait rassemblée a été incorporée dans le réseau Marco." C'est ainsi qu'au printemps 1944, Paul Guilhamon  entre dans ce réseau.

Guy de Saint-Hilaire lui confie la région parisienne et le sous-lieutenant Porteres lui prête la villa de sa mère à Mongeron.

Il est plusieurs fois pris en filature avant d'être arrêté une troisième fois, sur dénonciation,  le 8 juillet 1944.

Interné à Fresnes, il y est sévèrement torturé, mais se refuse à fournir toute information qui puisse mettre ses camarades en danger.

Avec d'autres femmes, sa mère passe ses journées devant la prison, à l'affût du moindre va-et-vient. Elle racontera ces journées et le départ de son fils en déportation dans le Journal des Français, supplément au Journal de la France, n°187. Voici ce texte:

Le 15 août ou le 13 (citation), "vers 11 heures des autobus sortent. On devine qu'ils sont remplis de prisonniers, mais les S.S., debout et armés, les maintiennent accroupis sur le plancher.  A bicyclette, j'essaie un moment de suivre, en criant le nom de mon fils. Je crois voir une tête se redresser... Un Allemand a tôt fait de la repousser brutalement au sol. Je dois abandonner, accablée de menaces par les sentinelles.

Midi, treize heures, je suis toujours là. Un homme s'approche: il a ramassé de pauvres papiers le long de la route, après le passage des voitures, derniers cris de détresse, que nous partageons pieusement. Je prends un message pour Suresnes, car c'est le plus lointain et j'ai, moi, une bicyclette. Le lendemain, je le remettrai à une pauvre mère, qui, sans nouvelles de son fils depuis avril, le croyait fusillé.

Il est 16 heures peut-être quand je vois sortir l'interprète allemand, celui qui, moyennant quelques cigarettes de temps à autres, dans les jours passés, voulait bien nous jeter quelques rapides nouvelles plus ou moins exactes mais qui nous contentaient. Il me regarde et me dit lentement:

- Il est parti vers midi à peu près...

- Où l'a-t-on emmené?

- En Allemagne pour travailler!

-Mais par où sont-ils partis?

- A la gare de l'Est; inutile d'y aller, le train est parti à 15 heures.

Subitement mue par une étrange force, je m'éloigne à toute vitesse de la prison vide...La gare de l'Est, pleine de soldats allemands. Encore des grilles, et fermées.

Un couple âgé obtient qu'un jeune soldat m'ouvre une petite porte. je m'y précipite et finis par trouver un contrôleur français. Il me regarde dans les yeux, y lit sans doute mon espoir et murmure: le train n'est pas parti. Il est encore à Pantin(...)

17 heures, je suis dans la rue indiquée. Des curieux sont juchés sur un mur. Je me hisse près d'eux. On aperçoit des toits de wagons de marchandises. Des S.S. arpentent le quai. Charitablement ces gens me disent que plus loin une rampe conduit aux voies. Je bondis, je monte et là-haut, devant une barrière, je tombe sur deux dames connues à la porte de Fresnes (!) qui me regardent comme une revenante. Elles avaient su mais n'avaient pas pu me prévenir (...)

A la vue de ce train verrouillé qui contient Paul, je suis prise de tremblements, réprimés à grand-peine.. (...) Je sors le petit sac où j'ai mis du "néo-sucre" et quelques biscuits. L'un d'eux, ouvert puis recollé contient un dernier petit mot pour mon enfant.

Aucun espoir de franchir la barrière. Un officier S.S. va et vient, rageur, au milieu des autres, brandissant une canne surmontée d'une corne de bélier, dont il frappe ceux qui l'exaspèrent, car une lamentable file de prisonniers s'étire jusqu'à l'un des wagons entrouvert.

A ce moment, une très jeune femme arrive tenant une lettre. J'ai appris plus tard qu'elle était de la famille de M. Nordling, le consul de Suède. Les S.S. lisent, discutent, la laissent passer. Dans la brèche se glisse l'une de mes deux amies(...) je me précipite à mon tour. je suis brutalement repoussée:

- Nein!Nein!

Un homme alors me dit en français:

- Madame, je suis prisonnier moi aussi et interprète. Donnez-moi le nom de votre fils, je lui dirai que vous étiez là.

Alors, moi, éperdue, un peu lâche...je le supplie.

- Oh! dites-leur que j'ai perdu mon mari en 1940. Il était officier et c'est mon enfant qui est dans ce train!

Il traduit: les autres discutent, me regardent; l'homme à la canne est venu écouter.

C'est alors que tout s'illumine pour moi. Ils font signe à deux soldats qui m'encadrent et ils montrent le train. L'interprète nous suit. C'est lui qui crie devant le premier wagon:

- Est-ce qu'il y a un Guilhamon là-dedans?

Les wagons à bestiaux sont fermés, verrouillés. Une seule petite ouverture dans le haut, quadrillée de fils de fer barbelés et qui laisse voir juste un ou deux visages. Cinq fois on nous répond:

- Non.

Devant le sixième, attente de quelques secondes... Puis le visage entrevu nous transmet un "oui" qui me paraît irréel.- Dites-lui que c'est sa mère!

Je devine les remous à l'intérieur, parmi ses pauvres petits si serrés... Puis ceux de la "fenêtre" s'écartent et c'est mon fils... Il est là dans le coin à gauche. Je ne vois que ses yeux, ils riaient, ils rayonnaient. J'ai appris plus tard qu'il était fier que sa mère ait réussi à venir là.

Moi, je pleurais interminablement, ne sachant que répéter:

- Mon petit, mon petit.

Il me dit:

- Ne pleure pas, maman! nous allons bientôt revenir!

Il sort son bras et j'embrasse sa main.

L'interprète  dit alors:

- Il faut quand même que vous embrassiez votre fils.

Il me prend dans ses bras, me hisse, je m'accroche au rebord du trou, j'arrive à la hauteur de son visage...

En dépit des barbelés si serrés, je ne sais comment, nous nous embrassons pour la dernière fois. je n'ai pas senti les pointes, lui non plus. je retombe à terre.

Je pleure encore sans doute, car un Allemand qui passe me dit:

- Ne pleurez pas, madame, bientôt finie la guerre. Vous le reverrez votre fils.

- Oui, mais qu'est-ce que vous allez lui faire là-bas?

Tous rient... personne n'avait jamais entendu parler des camps de la mort.

Alors, à mots rapides, hachés, nous échangeons les nouvelles. Je leur dis le débarquement du matin, en Provence, la grève de la police: des hurlements de joie éclatent! Ils me parlent en riant d'une mystérieuse baignoire ("tu sauras après"). Ils me crient des numéros de téléphone, des adresses, des noms... je retiens tout! Les sentinelles vocifèrent.

Toutes les têtes disparaissent...

Le train s'ébranle lentement: la Marseillaise jaillit de partout, joyeuse et fière. Voici les wagons de femmes. Toutes elles chantent à pleine voix: Ce n'est qu'un au revoir mes soeurs.

La voie est vide. Mes compagnes décident de partir. Je m'éloigne à regret, quand sur un pont, un peu plus loin, un train est arrêté, garni de S.S. Je grimpe le raidillon de l'autre côté  de la rue: c'est bien leur convoi. Je tombe sur le wagon de Paul: il m'aperçoit et sourit. Je repars à toute vitesse sur le quai, où le train revient en effet lentement. Paul réapparaît, me sourit, me fait un signe. Mais le convoi s'éloigne de nouveau. C'est bien fini."

Mort au camp d'Ellrich le 20 décembre 1944, il sera déclaré "Mort pour la France",  fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (à l'ordre de l'Armée ):

" Torturé très sévèrement, a subi tous les sévices avec un courage admirable, refusant énergiquement toute révélation sur l'activité du service de renseignements dont il était l'un des membres les plus actifs, sauvant ainsi l'activité du service et la liberté de ses camarades.

Déporté le 13 août 1944, cet officier a acquis durant sa longue activité de résistance un mérite exceptionnel par son esprit d'abnégation et son courage modeste et indomptable."

 

Références: "Le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, P. 235 (Ed. Plon, 1978); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4 ; dossier "Marco" (A.A.S.S.D.N.); "Le réseau Marco du S.R. Kléber" de E. Robert, mémoire de maîtrise d'histoire, Université Paris I, oct. 1996; mairie de Paris XIIIe arr.


GUILLAUME

Marcel, Édouard

 

 

Né le 13 mai 1898  à  Montaigut Le Blanc (Puy de Dôme) de Claude, Louis Guillaume  et de  Antoinette Monier Epouse:  Léonie Clauzin Profession: commerçant Décédé le 6 juin 1945  à Prague  nem Bulowka (Tchécoslovaquie)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., CDMAgent P2

 

Commerçant en fromages en gros à Montaigut-le-Blanc, Marcel Guillaume met à la disposition des Services Spéciaux, pour des émissions radios, une cave située dans la montagne, équipée du courant électrique.

Ses deux enfants ont 7 ans (Marcel) et 3 ans (Geneviève) lors de son arrestation par la Gestapo le 9 juillet 1943, 7 place Renan à Clermont-Ferrand.

Interné dans cette ville, puis à Romainville et à Compiègne, il est déporté en janvier 1944 à Buchenwald et à Flossenburg et meurt en Tchécoslovaquie, à Prague nem Bulowka,le 6 juin 1945.

Déclaré "Mort pour la France", Marcel Guillaume sera fait chevalier de la Légion d'Honneur.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°57, p.6, n°62, p.53


de GUILLEBON

François, Jules, Marie, Antoine

 

 

Né le 7 mai 1901  à  Amiens (Somme) de Antoine, Pierre, Marie de Guillebon  et de  Louise, Marie, Aimée de Coussemaker Epouse:  Louise, Céline, Gabrielle Bernard Profession: industriel  Décédé le  10 avril 1945  à  Sachsenhausen

 Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

François de Guillebon était fils d'officier (son père était lieutenant colonel au 18e chasseurs à cheval en 1920) et ses deux frères devaient aussi embrasser une carrière militaire (Christian sera colonel et Jacques, général de corps d'armée, sera chef d'état-major du général Leclerc dans les F.F.L.). Lui-même était ancien élève de l'École Polytechnique (promo 20) et ingénieur au Corps des Mines. Il était  dans l'artillerie, lieutenant de réserve en 1924, année de son mariage dont naîtront cinq enfants.

Entré dans la vie civile, il a travaillé dans la Sarre de 1923 à 1927, ce qui lui a permis d'acquérir une parfaite connaissance de l'allemand. Il dirige ensuite une manufacture de chaînes à La Madeleine (Nord).

Depuis 1938, il est honorable correspondant du poste de Lille et, le 1er juin 1939,  est affecté aux Services Spéciaux de la 1re Région, avant d'être rappelé à l'activité (EMA/ Centre de Liaison France) le 29 août 1939.

Il est dit dans le Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. que "ses voyages à l'étranger et notamment en Allemagne, sa connaissance parfaite de la langue allemande et des milieux industriels d'outre-Rhin, en avaient fait un informateur précieux. Patriote ardent, meurtri par la défaite de 1940, il fut un des premiers à répondre à nos appels à la résistance. Ce fut à lui qu'en novembre 1943, le général Navarre, chef de notre réseau de Sécurité Militaire clandestin, fit appel pour mettre sur pied notre organisation de Sécurité dans le Nord où, déjà, le lieutenant Lheureux s'était lancé dans la lutte contre les Service Spéciaux ennemis."

Le général Navarre attestera qu'il a "servi brillamment dans le service de renseignements en 1939-40", et ajoutera qu'il "a tout naturellement adhéré au service S.M. dès le milieu de 1943, comme adjoint du chef de poste clandestin, le commandant de réserve Christiaens, créateur du poste de Lille."

Victime d'imprudences, il est arrêté quelques jours après ce dernier, le 11 décembre 1943, dans son usine de La Madeleine . Interné à la prison de Loos, à Fresnes et à Compiègne, François de Guillebon est déporté, le 27 avril 1944 . Il est tué un an plus tard à Sachsenhausen, en Allemagne, au cours d'un bombardement des Alliés.

Déclaré "Mort pour la France", il sera promu au grade de capitaine, sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance avec rosette.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance;  "le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.276 (Ed. Plon, 1978); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°153, p.24; archives familiales.


GUILLOT du HAMEL

Jean-Pierre

Pseudonymes: de HEDOUVILLE, Jean HANNELERT

 

 

Né le 7 avril 1912  à  Marseille de André, Jean-Baptiste Guillot du Hamel  et de  Jeanne, Marie Armand Epouse: Juliette, Henriette Barthélémy Profession: transitaire Décédé le 8 juillet 1945  à  Lyon 

Réseaux: S.S.M.F./T.R., Groupe du commandant Georges Henri GuiraudAgent P2

 

Entré dans la Résistance dès le 25 juillet 1940, Jean-Pierre Guillot du Hamel, fils d'un représentant,exerce la profession de transitaire à Marseille où il habite, 46 rue Terrusse; il est  alors en instance de divorce.

C'est un des adjoints de Larva et, d'après les informations transmises par le liquidateur des réseaux S.S.M.T., le chef de bataillon Chotard, il poursuit ses activités clandestines d'agent de liaison sur la Côte d'Azur, s'occupant de parachutages.

Recherché par la Gestapo et lui ayant échappé de peu, il part pour Paris en novembre 1943. Là, il habite chez M. et Mme Ody, 72 rue Bonaparte. Arrêté le 2 décembre 1943 en sortant de chez eux, vers midi, et tentant de s'échapper, il est blessé de trois balles. L'une traverse son poumon droit de part en part, les deux autres, entrées dans le bas de son dos, se logent dans l'aine du côté droit.

Transporté par les Allemands aux Champs Élysées et, dans la soirée, à l'hôpital de la Pitié, il est opéré. Moins de quinze jours après, il tente de s'évader de l'hôpital, est mis au cachot de 21 heures à 17 heures le lendemain , avant d'être transféré à Fresnes.

Après instruction de son affaire, il est envoyé à Compiègne et déporté presque aussitôt,  le 31 mai 1944, à Buchenwald, puis à Auchswitz et enfin à Flossenburg.

Il est employé dans une usine d'aviation à Flöra (Saxe) lors de sa libération et échoue à l'hôpital de Pilsen. De là, il est rapatrié à Lyon par avion sanitaire le 6 juin 1945.

Jean-Pierre Guillot du Hamel, qui mesurait 1,8O m et dont le poids normal était 8O k, ne pèse que 57 k à son arrivée à Lyon. Il y meurt,  à l'hôpital de la Croix Rousse, un mois après son retour.

Déclaré "Mort pour la France", il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Croix de Guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.

 

Références : Archives du Bureau "Résistance";  Ferrant , fiche de 1946 (A.A.S.S.D.N.); mairie de Marseille; "la Guerre secrète des Services spéciaux français 1935-1945" de Michel Garde, p.457  (Ed. Plon, 1967)


GUILLOU

Pierre Marie

 

 

Né le 16 juin 1908  à  Plonevez Porzay (Finistère) de Pierre Guillou  et de  Marie Renée Cariou Epouse:  Yvonne Gras Profession: technicien des télécommunications Décédé  fin octobre 1943  à  Dora 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Poste P2)  -  Résistance P.T.T. Source K

 

Pierre Guillou, entré en 1930 comme ouvrier de main-d'oeuvre aux P.T.T., devenu soudeur et affecté aux lignes à grande distance en 1938, a fait partie de la Résistance P.T.T. dès le début des opérations de la "Source K".

Une  attestation du colonel Dulac, chef  du service de "La France Combattante", dit qu'il "appartenait à la Direction générale des études et recherches en qualité de chargé de mission de 3e classe".

C'est un des membres de l'équipe de l'ingénieur Robert Keller* qui, durant la "drôle de guerre", était chargée de la réparation des lignes téléphoniques. Dès le début de l'occupation , les techniciens français, sous la direction de Robert Keller et sous contrôle allemand, sont chargés de l'entretien de l'ensemble du réseau téléphonique, à l'exception des territoires intégrés au Reich. (Leur action est rapportée dans "Résistance P.T.T.")

La confiance absolue que Pierre Guillou a en son chef lui fait accepter immédiatement l'aventure périlleuse qui va permettre, en 1942, pendant plusieurs mois, l'écoute et la transmission aux Alliés des conversations téléphoniques des plus hautes institutions allemandes et des hauts dignitaires nazis, de Hitler lui-même.

L'action envisagée à l'instigation du S.R. Kléber Poste P2 ( capitaine Simoneau) consiste à établir sur les grands axes téléphoniques des dérivations permettant l'écoute, le tout sous le regard des Allemands.

La première est établie sur le câble Paris-Metz. Il faut trouver sur le trajet une maison libre pour placer les installations nécessaires à l'écoute, faire fabriquer et transporter clandestinement le matériel et intervenir sur les câbles sous le contrôle des  Allemands: trouver un prétexte pour intervenir sur une ligne, ouvrir les fouilles, travailler sur les fils, de nuit pour mieux déjouer la surveillance.

C'est ainsi qu'est trouvée la maison de Noisy-le-Grand sur le câble Paris-Metz.

Pierre Guillou, technicien de ligne, se trouve sur les premières fouilles avec son camarade Laurent Matheron* et Robert Keller la nuit du 15 avril 1942. Ils opèrent sous une tente d'intempérie, à la chandelle. Travail long et minutieux à effectuer dans l'urgence, accroupi ou à genoux et sous le poids d'un danger extrême. Le travail commencé à 21 h est terminé à 4 h 40 du matin: 70 grands circuits dérivés entre Paris et Berlin, parmi lesquels ceux de la Kriegsmarine, de la Luftwaffe, de la Wehrmacht et de la Gestapo.

La seconde opération a lieu dans les mêmes conditions le 16 décembre 1942, à Livry-Gargan, sur le câble Paris-Strasbourg-Berlin, Guillou et Matheron travaillant  cette fois sur 484 fils.

Arrêté le 17 janvier 1943, Pierre Guillou est déporté à Dora où il meurt fin octobre  1943 d'après le dossier administratif du Bureau Résistance (le 2 janvier 1944  d'après Raymond Ruffin ). Il recevra la Médaille de la Résistance.

 

*

Lieu de mémoire: le centre d'amplification de Rennes s'appelle "Centre Pierre Guillou"

 

Références:  Archives du Bureau "Résistance"; "Résistance P.T.T." de Raymond Ruffin, p. 51, 78 ( Ed. des Presses de la Cité, 1967); "Les Services de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.155 (Ed. Plon, 1978); "Chronique de la Résistance" de Alain Guérin  (Ed. Omnibus, 2000); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


GUY

Henri, Lucien

Pseudonyme: HENRI, OSCAR, Henry GILARDONI, LE MOUSSE

 

 

Né le 14 janvier 1922  à  Soisy-sur-Montmorency  (Val d'Oise) de Marcel, Henri Guy  et de  Lucienne Jolivet Célibataire Etudiant Décédé le 2 juillet 1944 

Réseaux: Samson du S.R. Air , Turma VengeanceAgent P2

 

Henri Guy prépare l'entrée à Saint-Cyr, il a 21 ans quand, affecté au 2e Bureau de l'armée de l'Air, il devient, dans le réseau Samson, adjoint d'un chef de secteur. Il a été recruté en mars 1943  comme agent de liaison et effectue du transport de courrier.

Arrêté le 15 mars 1944 à Saint Brieuc, il est transféré à Fresnes le 21 juin puis, le 26 ou 28 juin, à Compiègne et déporté en Allemagne. Il y meurt le 2 juillet 1944, à 22 ans.

Déclaré "Mort pour la France", il recevra la Croix de guerre avec étoile d'argent et la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance"; Archives d'Alger (dossier 3316 196)


 

 

 
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