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Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale ( France ) - www.aassdn.org -  
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MEMORIAL NATIONAL A.A.S.S.D.N. / Ramatuelle - Var ( Livre d'Or )
Biographies des Noms gravés sur le Monument: Pa-Pei
 

PAIN

André, Pierre

Pseudonyme:  LA BISCOTTE

 

 

Né le 10 février 1913  à  Neuvy Granchamps (Saône et Loire) de Eugène Pain  et de  Anne Des Brosses Célibataire Profession: bourrelier Disparu le 10 mars 1944  à Weimar ou à Dora (Allemagne)

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., Saturne du S.R. Guerre

 

Ouvrier bourrelier demeurant à Charolles (Saône et Loire), André Pain est entré dans la Résistance en février 1941.

Son chef de réseau le décrira comme un "excellent agent de renseignement, très calme et très courageux. D'un dévouement sans bornes et d'un patriotisme très pur, qui l'ont poussé jusqu'au sacrifice suprême".

Arrêté en mai 1943, il est déporté et considéré comme disparu en Allemagne officiellement le 10 mars 1944 (début 1945 d'après le dossier "Saturne" du Bureau Résistance), à Weimar d'après son acte de décès , à Dora d'après son frère.

Déclaré "Mort pour la France", il sera proposé pour la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4


PARENTY

Paul, Édouard

 

 

Né le 11 avril 1898  à Nesles (Pas de Calais) de Ernest Parenty  et de  Eugénie Vinot Epouse:  Marie Barbier Profession: enseignent Décédé en novembre 1944 ou le 5 décembre 1944  à  Hambourg (Allemagne) 

Réseau:  S.S.M.F./T.R. (Secteur de Lille)Agent P2

 

Paul Parenty avait été appelé sous les drapeaux d'avril 1917  à décembre 1919.

Pendant la guerre de 39-40, il fut détaché à la mission franco-britannique, du 3 septembre 1939 au 25 juin 1940, comme officier de liaison auprès de l'armée  britannique (il avait une licence d'anglais, un diplôme d'étude supérieure et un certificat secondaire d'anglais, ainsi qu'un brevet militaire de langues vivantes).

"Rentré en zone interdite le 9 octobre 1940, professeur d'anglais au lycée de Lille (lycée Faidherbe), lit-on dans une note de son dossier du Bureau Résistance, il fait fonction de commissaire principal des Éclaireurs de France (mouvement interdit par l'occupant)."

Quand il s'engage dans les Services spéciaux, le 1er janvier 1944, il est donc professeur d'anglais et a le grade de capitaine. Il est père de deux enfants, habite à Lille, 50 rue Kant.

Honorable correspondant pour le contre espionnage, il devient chef d'antenne d'un des secteurs de Lille, sous les ordres de J.P. Klotz.

Arrêté le 18 août 1944 à Lille, place de Strasbourg, il est interné à la prison de Loos-Nord et déporté en Allemagne le 1er septembre 1944. Il décéde à Hambourg à une date incertaine: novembre 1944 ou le 5 décembre 1944.

Déclaré "Mort pour la France", Paul Parenty, Croix de guerre 1914-1918, sera cité à l'ordre de l'Armée, fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra la Médaille de la Résistance et un certificat de service du Field Marschal Montgomery.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p27


PARISOT

Émile, Jean, Marie

 

 

Né le 22 avril 1921  à Oron (Moselle) de Henri Parisot  et de  Marie Jacques Célibataire Disparu le 26 avril 1945  à  Ravensbruck

 Réseaux:  S.S.M.F./T.R., S.R. Kléber (Uranus-Lorraine), L'Espoir FrançaisAgent P2

 

Emile Parisot était né en Moselle, à Oron, d'où ses parents étaient originaires. Son père était manoeuvre, il avait une soeur cadette.

Il s'engage dès décembre 1940 dans la Résistance, travaillant pour le réseau "L'Espoir Français", créé par Robert Gatelet*, Robert Granthil et Albert Dehlinger à Metz, premier mouvement de résistance de Moselle  (il fait partie de la branche des étudiants de Lorraine du réseau Uranus du S.R. Kléber).  L'article 3 de ses statuts dit: "Le général De Gaulle nous inspire nos buts".

"L'Espoir Français" aide d'abord les prisonniers de guerre français qui veulent s'évader, il effectue de petits sabotages, des actes de propagande (tracts, affichettes), du stockage d'armes, et finit par couvrir huit districts. Fin août 1940, il cherche une liaison avec la France Libre. Son activité décuple: renseignements sur les mouvements de troupes, la défense aérienne, les usines de sidérurgie.

En mai 1941, l'arrestation d'un courrier porteur de documents entraîne l'arrestation de vingt de ses membres dont Emile Parisot, Robert Gatelet, Alfred Dehlinger et  Marcel Ney*,.

Emile Parisot est arrêté à Oron le 8 juillet 1941. Détenu à Sarrebruck, il est jugé dans le cadre du procès de "L'Espoir Français" devant le 4e Sénat du Wolksgerichshof de Berlin, qui se déroule du 30 septembre au 2 octobre 1942 à Zweibrücken, et compte vingt et un inculpés , dont Alfred Dehlinger et Jules Gatelet* (les accusés de 1 à 19 n'ont pas de défenseur, ce qui est le cas de Parisot).

Voici des extraits de l'acte d'accusation  qui fait 32 pages (selon la traduction qui figure dans le dossier "S.R. Kléber - Historique" du Bureau Résistance). Ce dernier est à considérer pour ce qu'il est: un document allemand, contenant donc les informations que possédaient les Allemands, pour certaines justes, pour d'autres sujettes à caution. Il est daté du 7 juillet 1942:

" J'accuse: de juillet 1940 à juillet 1941 (certains accusés seulement durant une partie  de ce temps) à Metz et environs.

1) Tous les accusés: d'avoir préparé l'entreprise de haute trahison d'empêcher - par la violence ou par menace de violence - le Führer et chancelier du Reich, ainsi que les membres du gouvernement d'exercer, dans un certain sens, leurs compétences constitutionnelles.

A cette fin, l'action des accusés était dirigée vers l'établissement et le maintien d'une consistance organisée, et l'action des accusés Dehlinger et Gatelet aussi vers l'influence des masses par la propagation d'écrits.

2) Les accusés Dehlinger, Gatelet (...), Parisot (...) d'avoir, outre cela et par la même action, rassemblé ou essayé de rassembler, secrètement, en territoire de guerre de la Wehrmacht, des renseignements dans l'intention de les communiquer à l'ennemi. Les accusés (dont Gatelet ...) tant qu'ils n'étaient pas encore âgés de 18 ans au moment du crime, étaient cependant en mesure d'après leur développement intellectuel et moral de discerner l'illégal des méfaits et de subordonner leur volonté conformément à ce jugement. (...)

Les accusés ont tous appartenu à une organisation, "L'Espoir Français", créé à Metz en juillet 1940. Sa tâche consistait en premier lieu à rassembler pour le service de renseignements français des informations sur la Wehrmacht et à les diriger par Nancy vers le territoire français inoccupé. En même temps devait être créé un mouvement de résistance qui poursuivait le but de contraindre le gouvernement allemand, d'une manière ou d'une autre, mais particulièrement par une nouvelle intervention de la France, de renoncer au rétablissement définitif de la souveraineté du Reich en Lorraine. L'accusé Dehlinger était le chef de cette organisation à laquelle les accusés Gatelet, Harter et Muller ont activement participé. Les accusés Bour, Geiger, Houillon, Joly, Noel, Parisot (et six autres) se sont occupés de la recherche d'informations sur la Wehrmacht.

II. Résultats essentiels des recherches. L'organisation française de renseignements "Espoir Français" à Metz.

Une organisation française de renseignements dirigée de la France inoccupée, vraisemblablement de Lyon ou de Vichy, a été découverte en juillet 1941. Les membres étaient actifs en zone occupée et en Lorraine, entre autres Nancy et Metz.

Pour le groupe créé à Metz, qui fait l'objet de cet acte d'accusation, les conditions spéciales, avant tout la disposition encore francophile de la population, la possibilité de communications interdites avec le territoire français inoccupé et les relations personnelles encore existantes entre les Lorrains et la France, ont rendu aux créateurs facile de trouver, surtout parmi la jeunesse, des personnes se prêtant à leurs desseins.

Ainsi le Français Robert Granthil réussit déjà en juillet 1940 à créer à Metz une organisation qui reçut le nom "Espoir Français" et à laquelle les coaccusés Dehlinger et Gatelet appartenaient en premier lieu. (...)

Le groupement devait dépendre d'un chef suprême, supérieur aux chefs de district qui commandaient les districts au nombre de huit. (...)

Conformément aux directives données de Nancy, les membres de "L'Espoir Français" déployèrent une activité étendue d'espionnage dans les domaines militaire, économique et politique. Les résultats étaient rassemblés sous forme de rapports et amenés  à Nancy d'abord par Dehlinger lui-même, puis par des fonctionnaires de l'ancien consulat de Yougoslavie à Nancy, qui entretenaient un bureau secondaire à Metz et, finalement, après la dissolution du consulat en avril 1941, par deux courrier: Simminger* et Gillaut.

Comme il résulte des recherches effectuées envers ces deux courriers également arrêtés et leurs agents de liaison, les renseignements étaient dirigés de Nancy vers la France inoccupée.

A part la production de renseignements, les membres de "L'Espoir Français" s'occupaient aussi de la diffusion d'appels à la population et d'aide aux personnes désireuses de franchir illégalement la ligne de démarcation.

III. Appréciation de l'affaire

Comme il ressort de l'avis du commandement supérieur de la Wehrmacht, la conduite des accusés consiste en un crime contre le paragraphe 2 du décret de droit spécial de guerre.

En outre, la conduite des accusés, ainsi que leurs dépositions laissent nettement apparaître que leur but était de préparer le terrain à la France pour une reconquête de la Lorraine.

Vu que la question du futur droit politique du pays de Lorraine n'est pas encore clarifiée, les accusés ont donné un nouveau soutien aux cercles français qui refusaient une collaboration avec l'Allemagne et ainsi voulu influencer la politique française et l'amener à envisager la reconquête de la Lorraine avec l'aide venant des rangs de l'organisation et forcer le gouvernement allemand à renoncer à une annexion définitive de la Lorraine.

Ainsi les accusés se sont rendus coupables d'un crime contre les paragraphes 81, 83, alinéas 2 et 3-SIGG.

Moyens de preuve

1 - Les dépositions des accusés.

2 - Les témoins.

3 - L'expert encore à désigner pour représenter la Wehrmacht.

4 - Les extraits de casier judiciaire.

5 - Les pièces saisies à Nancy.

6 - Le billet saisi chez Geiger."

D'après un autre document allemand, toujours à considérer comme tel, "Parisot aurait été sous les ordres du chef de district Godard, qui a entre temps a quitté la Lorraine. Godard a recruté Parisot en décembre 1940, il lui aurait donné pour mission de fournir des renseignements:

-sur les membres de la Wermacht qui travaillaient au parc du Génie de Wappingen (orthographe?);

- sur le nombre d'ouvriers de l'aciérie de Rombach.

En mai 1941, Parisot a fourni à Godard un rapport écrit.

Il agissait ainsi au profit de la France contre l'Allemagne."

Emile Parisot est d'abord condamné à mort, puis sa peine est commuée en  huit ans de travaux forcés.Il est interné dans plusieurs prisons, dit son père,et se trouve en déportation à Ravensbruck, lors du bombardement du 25 avril 1945. Il aurait été blessé quelques heures avant la libération du camp, d'après l'un de ses camarades.

La date de sa mort, déterminée par la Croix-Rouge sur les dires de compagnons de déportation, est le 26 avril 1945. Emile Parisot a  24 ans.

Déclaré "Mort pour la France" il recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: Archives du Bureau "Résistance";  "Les Services de renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.250 ( Ed.1978); "Réseau l'Espoir Français de Metz" de Jean Geiger (A.A.S.S.D.N.); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°13, p.4; mairie de Oron (Moselle)


PARPAILLON

Raymond, Pierre

 

 

Né le 10 mai 1920 à Montaigu (Vendée) de Gustave Parpaillon  et de  Marie Rautureau Célibataire Profession: radio-électricien décédé le 17 décembre 1944  à  Bergen-Belsen

 Réseaux: S.S.M.F./T.R., Denis et Aristide, BuckmasterAgent P2

 

Raymond Parpaillon, dont le père était brigadier de gendarmerie, avait fait, lui, l'École centrale de T.S.F., il était radio technicien.

Il s'engage dans les Services spéciaux le 1er mars 1943 enA.F.N.

Le 17 juillet 1943, il est acheminé vers l'Angleterre avec  Jean Lavallée* et Jacques Chaigneau*. Raymond Parpaillon est leur opérateur radio. Tous trois suivent une formation technique avant d'être parachutés en Vendée avec leur matériel dans la nuit du 16 au 17 août 1943. "L'équipe installe son poste émetteur près de Montaigu (où  Parpaillon est né), dans une maison amie  proche de celle de l'oncle de Chaigneau... Contact radio est pris avec Londres le 19 août", écrit Paul Paillole.

Raymond Parpaillon  est arrêté àson domicile le 15 février 1944.Comme Jean Lavallée et Jacques Chaigneau, il est victime d'un traite infiltré dans le groupe.

Paul Paillole rapporte ainsi l'histoire de cette infiltration ennemie: "Depuis quelques jours la Gestapo de Marseille a réussi à infiltrer un traître d'une habileté diabolique dans notre réseau de Marseille. Il s'agit d'un agent déjà ancien de ce réseau, le belge Max Wilde. Arrêté par les Allemands, il a accepté de jouer le double jeu. Il a rencontré Lavallée et connaît la nature de ses activités. Les a-t-il dénoncées? Nous n'en avons pas la preuve...mais rien n'interdit de le penser.

Quoiqu'il en soit, fin novembre 1943, l'Abwehr arrive à introduire l'un de ses agents dans l'organisation de notre camarade. Il s'agit d'un "lieutenant André",  que hélas nous n'avons jamais pu identifier. (...)

Dès lors les événements vont se dérouler très vite. Tragiquement.

La découverte des activités de Lavallée, notamment de ses liaisons radios avec Londres  va inspirer aux Allemands une manoeuvre d'intoxication d'envergure, d'autant plus importante qu'ils espèrent en tirer des renseignements sur nos organisations clandestines et sur les intentions de débarquement des Alliés.

La manoeuvre implique la rafle instantanée de l'équipe entière, sa mise au secret le plus rigoureux et la poursuite par substitution des contacts radios avec l'Angleterre.

Le 11 décembre 1943 à 7 heures, Jean Lavallée est arrêté à Paris. Rentré la veille de Marseille où il avait porté un important courrier, il dormait sur le lit de camp dans le petit appartement de la rue de Rivoli. Sa logeuse, Alice Martin est appréhendée aussitôt, tout comme Chaigneau et le radio Parpaillon. En quelques heures toute l'équipe tombe aux mains de l'ennemi.

La Funkabwehr (Service radio du contre-espionnage allemand) prend possession du poste émetteur et après plusieurs jours de recherches découvre les codes. Le 25 décembre 1943, le "lieutenant André" rétablit le contact avec Londres, sans éveiller les soupçons des logeurs de Parpaillon, surtout, ce qui est inexplicable, ceux des opérateurs radios de Londres (...)

Dès lors commence le jeu subtil et terrible de l'intoxication.

Faute d'avoir connaissance du drame qui vient de se dérouler, nous acceptons toujours les messages de Lavallée. Nous y répondons de bonne foi, notamment par l'envoi de questionnaires qui, à l'évidence, peuvent à terme donner des indications sur les projets du commandement allié et notre propre organisation de renseignements.

Nous frôlons le désastre... lorsqu'un miracle va se produire. Du fond de sa cellule de Fresnes, l'un de nos officiers, arrêté en Auvergne fin 1943 et transféré à Paris, va réussir l'exploit qui tient du prodige de savoir ce qui se passe dans la prison, d'entrer en contact avec nos camarades au secret et de nous faire passer des messages...

Le 11 avril 1944, après bien des péripéties qui ont ralenti son cheminement, nous parvient la nouvelle stupéfiante que je reproduis in extenso: lieutenant de vaisseau Lavallée arrêté Nantes- stop- Poste radio continue de fonctionner.

Nous sommes consternés. Notre réplique va être immédiate. A notre tour de tromper l'adversaire. Jusqu'en juin 1944, nous continuerons son jeu, mais cette fois à notre profit. Ainsi pourrons-nous avec le poste Lavallée et l'accord des Alliés participer au plan d'intoxication destiné à laisser peser les menaces de débarquements en d'autres lieux qu'en Normandie."

Raymond Parpaillon , d'abord interné à Poitiers, est déporté le 4 juin 1944 à Hambourg et à Neuengamme. Les dernières nouvelles le concernant datent du 31 juillet 1944. Il décède à Bergen-Belsen le 17 décembre 1944, il a 24 ans.

Il recevra la Médaille de la Résistance.

 

Références: "Services Spéciaux" de Paul Paillole (Ed. Robert Laffont, 1975); Archives du Bureau "Résistance";  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°1, p.28-29


PASCAL

Henri, Georges

Pseudonyme: PAOLI, BLAISE

 

 

 

Né le 16 décembre 1907  à Vence (Alpes-Maritimes) de Adrien, Joseph Pascal  et de  Alice Blancart Epouse: Julienne Lauwers Profession: ingénieur chimiste Décédé  en février 1945  à Flossenburg 

Réseaux: S.R. Air : "Ceux de la Libération", S.R. Villon Agent P2

 

Fils d'un concessionnaire de l'électricité, Henri Pascal fit des études supérieures à l'École de chimie de Marseille et à l'Université de Toulouse, devint ingénieur chimiste et technicien du pétrole.

De 1930 à 1933, il travailla comme ingénieur au Laboratoire de la Compagnie Vacuum Oil au Maroc, à Casablanca, puis, de 1933 à 1941 à la Compagnie industrielle des Pétroles à Paris.

Lorsque,  dès août 1940, il organise et coordonne un réseau de recherche derenseignements, c'est un homme de haute stature déjà grisonnant.  Il fera partie du  réseau "Ceux de la Libération" du 1er août 1940 au  31 mars 1941 et du 1er octobre 1942 au 28 février 1945. Dans l'intervalle de ces deux périodes, ayant été incorporé dans l'aviation en 1928 et  pilote d'observation pendant la guerre 1939-1940, il intègre le S.R. Air  dans des circonstances rapportées par Jean Bézy dans son livre "Le S.R.Air"

C'est fin mars 1941 que Ronin présenta à Badré  Henri Pascal, désireux de travailler contre l'Allemagne. Celui-ci,"âgé de 38 ans, extrêmement sérieux, avait mis sur pied en zone occupée, et avec quelques amis, une organisation clandestine déjà assez étoffée, sous le nom de Ceux de la Libération, et était d'accord pour établir une liaison avec nous, être orienté et aidé.

Badré lui proposa Masson... Masson et Pascal s'entendirent de suite...

Vers août 1941, Pascal dut se réfugier en catastrophe en zone libre et put s'installer avec sa famille dans la région de Narbonne à Mirepeisset". Il devint alors directeur de l'usine de Mirepeisset. "Muni par Badré de faux papiers au nom de Paoli, il put faire plusieurs liaisons auprès de ses amis de Paris."

Le réseau constitué par Gervais après novembre 1942, lors du repli du colonel Ronin et de ceux de son entourage brûlés auprès du contre espionnage allemand, prit le nom de S.R. Air.

Gervais prit contact avec Henri Pascal, pseudo Blaise (poste de Narbonne). Ce dernier avait envoyé le 11 ou 12 novembre à Vichy un jeune agent de liaison, Jean Koenig, et, après avoir attendu les ordres d'Alger, intensifia le travail de recherche de renseignements à Narbonne et constitua des réseaux d'agents.

"Peu après son installation à Mirepeisset, dit Jean Bézy, il avait fait la connaissance à Marseille de Marie Pontier, mariée à un Polonais, Opoczinski, qui lui donnait des facilités, cartes d'identité, cartes d'alimentation, hébergement, et qui lui ouvrit la porte à une excellente source de renseignements. Au printemps 1943, il avait recruté  à Montpellier un garçon de premier ordre, le lieutenant Pierre Pontal*".

Se sachant menacé, Henri Pascal ne chercha pas à fuir, refusant de se désolidariser de ses ouvriers dont certains avaient participé à ses activités.

Le 13 novembre 1943, il est arrêté sur dénonciation à l'usine de Mirepeisset par deux agents de la Gestapo, un Français et un Allemand. Son collaborateur Jean Koenig l'est également. Le chef du réseau de Marseille, Boiron*, et son collaborateur Garisson* sont pris au même moment, ainsi que Mme Boiron. Ils sont soumis à d'affreuses tortures. Le commandant Challe, chef du réseau Villon, écrira dans ses notes qu'il doit la vie à leur silence.

Koenig fera un rapport sur ses propres interrogatoires. Le général Bézy en a extrait cette phrase de son tortionnaire, dite à un moment où il paraissait très mal en point: "Pourvu qu'il ne lui arrive rien, c'est le seul dont nous puissions espérer tirer quelque chose; Boiron et Pascal ne parlent pas". (Koenig devait s'évader le lendemain de l'infirmerie grâce à la comlpicité d'un infirmier et du coiffeur.)

Henri Pascal est interné à Carcassonne, à Marseille puis à Compiègne, avant d'être déporté le 11 mai 1944 à Buchenwald et à Koenigstein. Il meurt en février 1945, à son arrivée à Flossenburg.

Son dernier enfant, Alain, n'a que six mois, ses deux filles, Françoise et Mireille, ont quatre ans et demi et six ans, sa fille adoptive, Hilda, a dix neuf ans.

Henri Pascal, qui a reçu en mars 1939 la Croix des services militaires volontaires, sera nommé au grade de commandant à titre posthume et, déclaré "Mort pour la France", sera fait chevalier de la Légion d'Honneur et recevra, avec la Croix de Guerre, la Médaille de la Résistance.

 

*

Citation (Croix de Guerre avec palme):

"Lieutenant de réserve de l'armée de l'Air, a organisé depuis 1940 en territoire occupé un réseau de recherche de renseignements dont il a été le coordinateur. Participant plusieurs fois à de très dangereuses opérations et, en but aux coups de la Gestapo, n'en a pas moins continué sa courageuse activité. A transmis au commandement français d'importants renseignements... Magnifique exemple de courage et de patriotisme."

 

Références: "Le S.R. Air" de Jean Bézy, p.56 à 302 (Ed. France Empire, 1979); (Rapport du capitaine Morange, p.252, A.A.S.S.D.N.; "Mémoire d'un agent secret de la France Libre", tome 2, de Rémi, p.252, Ed. France Empire?); Archives du Bureau "Résistance".


PAULY

Henri

Pseudonyme: PIERSON

 

 

Né le 4 mai 1904  à  Metz de Guillaume Pauly  et de  Marguerite Dubrot Epouse:  Jeanne Kremer Profession:  assureur conseil Décédé le 19 janvier 1945  à  Lille (Nord) 

Réseaux:  S.S.M.F./T.R., B.S.M. Précurceur, D.S.M.Agent P2

 

Mobilisé en 1939 en tant que capitaine de réserve, Henri Pauly était père de deux enfants. Après la débâcle, il fut mis à la disposition du Service des réfugiés de Vichy, puis, le 28 mars 1941, admis à servir en situation d'active au Maroc au 1er Régiment de tirailleurs marocains, avant d'être, le 15 mai 1941, affecté à la Commission d'armistice allemande, en qualité d'officier de liaison, à Mecknès.

Le 18 avril 1943, il se trouve à la Direction de la sécurité militaire (DSM) à Alger.

Il quitte alors l'Afrique du Nord en sous-marin et est débarqué de nuit sur la côte de Provence. Il prend contact avec le colonel Navarre, qui dirige le Service clandestin de Sécurité militaire et qui le recrute comme agent P2 du S.S.M.F./T.R. à partir du 1er août 1943.

Nommé officier précurseur à Nancy, il y cherche les contacts nécessaires à l'accomplissement de sa mission et y établit son réseau de renseignements en liaison avec le T.R.

Mais, recherché, il est obligé de fuir et son logeur, le pharmacien Pourchet*, est arrêté par la Gestapo et déporté en Allemagne où il mourra dans un camp.

Le colonel Navarre envoie alors Henri Pauly à Lille où il arrive en mai 1944. Il y prend immédiatement contact avec le commandant Coulon, qui, officier précurseur depuis l'arrestation du sous-lieutenant Christiaens, est chef du BSM clandestin du Nord et de la SM de la 2e région militaire, et qui fera un rapport d'où sont tirées la plupart des informations concernant Henri Pauly.

Ce dernier, après avoir été mis en contact avec les personnalités et le personnel recrutés, développe le réseau de renseignements.

Les notations de ses chefs disent: "Volontaire pour une mission dangereuse de longue durée en zone occupée, y fait preuve de courage et de beaucoup d'activité. Excellent esprit, d'un patriotisme ardent et généreux."

Et le commandant Paillole: "Officier ardent et courageux, d'une énergie exceptionnelle, effectue depuis juillet 1944 avec succès une mission très délicate en territoire occupé par l'ennemi. Travaille avec calme et méthode et obtient d'excellents résultats. Très discipliné, d'une grande moralité."

Arrêté à Béthune le 7 août 1944, Henri Pauly est torturé par la Gestapo, puis envoyé à Loos et déporté vers l'Allemagne par le dernier train mis en route par les Allemands. Ce train, constamment harcelé et stoppé par la résistance belge, va jusqu'à Malines et revient à Bruxelles. Sur l'intervention de la Croix Rouge internationale, les déportés lui sont confiés et sont peu après libérés.

Rentré à Lille le 7 septembre 1944, Henri Pauly reprend la direction du Bureau de sécurité militaire ouvert quatre jours plus tôt. Mais il meurt  le 19 janvier 1945, à Lille, 39 rue de l'Hôpital militaire, "accidentellement", dans des conditions "mystérieuses".

 

Références: Dossier du SHAT; "Les Services de renseignements 1871- 1944" de Henri Navarre ((Ed. Plon, 1978); "Le Temps des vérités" de Henri Navarre (Ed. Plon, 1979); Bulletin de l'A.A.S.S.D.N., n°61, p.11

 
de PEICH

Marie, Joseph, François, Raymond

Pseudonyme:  LA PRUNE

 

 

Né le 19 décembre 1912  à Amou (Landes) de Marie, Joseph, François de Peich  et de  Jeanne, Augustine Sarremone Célibataire Profession: officier d'active (Saint Cyr, promotion 1932-1934) Décédé dans la nuit du 2 au 3 juillet (officiellement le 3) 1944  dans le train vers Dachau 

Réseau:  S.S.M.F./T.R.Agent P2

 

Jeune officier, Marie Joseph de Peich, de son nom usuel Raymond de Peich, dont le père était dit "propriétaire" dans son acte de naissance, fit partie, en 1932-1933,  de la même promotion de Saint Cyr que Pierre Mangès, la promotion Bournazel.

Affecté au 8e Régiment de Zouaves, il fut nommé lieutenant en 1936. Il était officier de la Sécurité de la Légion à Sidi-Bel-Abbès.

 En 1939-4O, il fut cité à l'ordre de l'Armée comme un "officier plein d'allant et d'un courage remarquable. Au cours des combats livrés en Belgique et dans les Flandres, notamment à Bray-Dunes, a su obtenir, grâce à son ascendant sur sa troupe, le maximum de rendement de ses mitrailleurs et de ses servant d'engins, infligeant de lourdes pertes à l'ennemi".

Un ami à lui, qui a beaucoup fait pour sa mémoire, René Baillé, président de l'Union landaise des médaillés militaires, fera parvenir ces informations au Bureau central des archives militaires à Pau:

"Lors de la bataille de Dunkerque, il parvient au môle d'embarquement avec son unité pour voir partir le dernier bâteau, le 4 juin 1940 en fin de journée. Encerclé et fait prisonnier presque aussitôt. Tente de s'évader, est repris et ramené au camp de la Gloriette dans la Nièvre. Deuxième tentative d'évasion manquée, est ramené au camp de Mailly (Aube) d'où il partira pour l'Allemagne. S'évade le 12 août 1940 en sautant du train, sous un tunnel, à Heebeumont en Belgique. Rentre en France, franchit la ligne de démarcation et se présente aux autorités militaires à Vichy."

Henri Navarre dit qu'il est recruté comme chef de mission de T.R. Jeune par le capitaine Vellaud*, après un stage de formation à Staouéli en Algérie.

René Baillé poursuit: "Dès le début 1941 a accompli plusieurs missions, dont des parachutages de Londres en  France". C'est ainsi que, le 14  avril 1943, il vient apporter les toutes dernières instructions du Commandant en chef et de la Direction de la S.M. (d'après le colonel Bernard: Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°162).  Il est aussi du voyage du Casabianca vers la pointe de Taillat, le 10-11 mars 1943, d'après Brooks Richards.

Dans les archives personnelles du colonel P. Bernard,  se trouve une note du capitaine de Peich, du 12 avril 1943 qui décrit l'opération dite "pick-up".

Elle "consiste à enlever par avion un agent de France.

L'avion n'est accordé que sous deux conditions suivantes:

1) qu'il ramène du courrier (facile à réaliser pour nous)

2) que le terrain ait été reconnu et que son balisage soit fait pendant l'opération par quelqu'un qui a suivi un stage spécial à la suite duquel il a été accepté par la R.A.F. Actuellement seul Michel (Thoraval) remplit ces conditions et il est donc nécessaire qu'il se trouve en France au moment où une opération doit être effectuée.

Pour le pick-up, deux types d'avion sont utilisés:

a) Un monomoteur pouvant emporter deux passagers (l'aire d'atterrissage nécessaire peut être assez facilement trouvée en France)

b) Un bimoteur pouvant emporter environ dix passagers. Le terrain demandé est beaucoup plus grand, mais JR en a actuellement au moins deux de libres à cet effet. Étant donné le nombre très réduit de pilotes de bimoteur entraînés au pick-up, ce genre d'appareil n'est accordé que si tous les passagers sont intéressants au point de vue service."

Le pilote Hugh Verity, rapporte notamment le voyage que fit Raymond de Peich la nuit du 19 au 20 mai 1943,  voyage qui ramena vers la Grande-Bretagne le général Georges, ancien chef d'état-major de l'armée, ainsi que C. Duval, Robert Masson, Hugo et Michel Thoraval. L'aterrissage en France de l'appareil ne put avoir lieu qu'à 2h15. Waggy racontera: "Les voitures arrivèrent sans feux. Les passagers à bord, Fielden (colonel de la R.A.F. responsable de la base de Tempsford) mit les moteurs en marche... Nous ne prenions évidemment aucun risque. Fielden ne freinait jamais les roues avant de rentrer le train d'atterrissage. L'odeur de caoutchoux brûlé au moment où les joints de caoutchouc de la porte frottèrent contre les roues tournantes fut inquiétante autant que désagréable."

Pour un retour direct il eut fallu survoler le nord de la France de jour. Or le voyage était particulier du fait de la présence du général Georges. Il fut donc décidé de passer par l'Afrique du Nord et Gibraltar. Au-dessus des Baléares, l'avion essuya des tirs antiaériens.

Marie-Joseph de Peich sera blessé au cours d'un de ses parachutages, mais ne sera pas pris sur le coup. Cependant, quelques jours plus tard, le 4 décembre 1943, dit René Baillé, il sera arrêté par la Gestapo, à la terrasse du café Ruc à Saint Lazare, précise Michel Garder. Malheureusement poursuit ce dernier, il "a sur lui son carnet de rendez-vous. Grâce à ce carnet, l'équipe du 84 avenue Foch peut arrêter le 7 décembre deux sous-officiers de Camélia (centre du T.R. ancien, dirigé par le Petit Mercier) venus remettre à Laprune le courrier récupéré à Ramatuelle. Ce courrier leur a été remis par le Petit Mercier, lequel s'et entendu au préalable avec Laprune pour le faire partir par un pick-up organisé en zone nord."

De Peich est incarcéré à Fresnes, puis transféré à Compiègne (camp de Royalieu), le 3 mars 1943. Départ à destination de Dachau le 2 juillet 1944  par le "train de la mort" (mort d'asphyxie et d'hyperthermie)."

Le colonel Paillole rapportera que "suivant la déclaration du lieutenant colonel Mercier Marcel, qui se trouvait dans le même wagon en compagnie de cent autres déportés, 64 d'entre eux sont morts dans le courant de cette nuit du fait du manque d'aération. Le 3 juillet vers 16 heures, le train fut stoppé dans la région de Revigny-sur- Ornain (Meuse) et les survivants du wagon furent transférés dans le wagon voisin après que les morts de ce dernier eussent été transportés avec ceux de l'autre. Les wagons de morts ont continué le mouvement avec le convoi jusqu'à Dachau."

Là, dit René Baillé, "les Allemands n'enregistreront pas les cadavres de plus de 600 hommes et les feront disparaître aux fours crématoires qui brûleront pendant cinq ou dix jours, empestant le camp..."

L'avis officiel de la mort de Raymond de Peich ne parviendra à ses parents que le 3 août 1949, ils seront morts: sa mère en 1946, son père en 1947. Restera alors sa soeur, de dix ans sa cadette. René Baillé  rapportera sa malle d'officier: elle contient, outre des objets usuels, le récit de la bataille de Dunkerque et de ses évasions, ainsi que sa croix de chevalier de la Légion d'Honneur.

Déclaré "Mort pour la France", Raymond de Peich recevra également la Croix de Guerre 1939-45 avec étoile de vermeil.

 

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Lieux de mémoire: une rue d'Amou, sa ville natale, porte le nom de "Capitaine Raymond de Peich" et la maison où il est né une plaque sur laquelle on peut lire dans le marbre: "Capitaine Raymond de Peich 1912-1944. Déporté résistant. Mort pour la France."

 

Références: Dossier du SHAT;  "Services Spéciaux" de Paul Paillole, p. 558 (Ed. Robert Laffont, 1975); "le Service de Renseignements 1871-1944" de Henri Navarre, p.259 (Ed. Plon, 1978); " La Guerre secrète des Services spéciaux français 1935-1945" de Michel Garder, p.409-419 (Ed. Plon 1967); "Nous atterrissions de nuit..." de Hugh Verity (Ed. France Empire,1982); "Secret Flotillas" de Brooks Richards (Ed. HMSO, London, 1995);  Bulletin de l'A.A.S.S.D.N. n°14, p.21, n°61, p.15, n°65, p.56, n°162, p.16; mairie de Amou (Landes).


 

 

 
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